‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 49 sur 198 · FLORIDAN · texte numérisé non relu

FLORIDAN

Avant d'être enchanté , cette jeune bergère, Entre plusieurs amants, me choisit pour époux.

Ce nom , qui vous paroît si doux ,

Ne peut encor me satisfaire ;

Et je sais que, pour l'ordinaire, L'amant que l'on distingue avec de si beaux nœuds,

N'est pas toujours le plus heufeux.

ROGER

Je vous entends, du moins je vous devine; Ou je me trompe, ou vous avez la mine D'être le fils d'un fermier bien rente, Dont le riche mérite a si fort éclaté

Aux yeux d'une avare maîtresse,

Qu'elle a refusé la tendresse De vos rivaux.

FLORTDAN.

Mon père étoit rentier; Mais je n'ai point traité l'amour en financier, Et j'ai gagné son cœur à force de tendresse.

ROGER

J'en doute fort; mais baste, on vous le laisse, Puisque par un contrat vous l'avez acheté ; Il est à vous , j'entends pour la propriété ,

Car l'usufruit, c'est autre chose;

Il faut que la femme en dispose.

FLOR IDAPf.

Cet usufruit est encor de mon lot; Pour le céder , il faudroit être un sot.

ROGER

Un sot, d'accord.

FLORIDAIY.

Oh! point de raillerie :

Une femme n'est pas comme une métairie ; J'en veux être le maître, et non pas le fermier; Et par la sambleu! le prt'înier....

ROGER

Oh! tout beau; respect au Druide :

Je ne fais qu'opiner, mais c'est lui qui décide.

LE DRUIDE chaule.

Ne craignez rien , l'hymen est votre asile;

Le nom d'époux écarte les rivaux :

De votre Iris la ^^arde est inutile ;

Ne songez plus qu'à garder vos troupeaux.

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