‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 89 sur 198 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ANGÉLIQUE, COLOMBINE, OCTAVE, UN Porteur ivre.

O C T A V E , au Porteur.

Va, mon ami, laisse-moi en repos; tu n'es pas en état de me porter.

LE PORTEUR

Mais, monsieur, un porteur.... il faut qu'il porte; nous savons la règle.

OCTAVE, à Angélique.

Ah, madame! il y a une heure que je vous cherche; mais puisque j'ai le plaisir de vous voir, je suis trop bien payé de mes peines.*

LE PORTEUR, croyant qn'Octave lui parle.

Payé de mes peines! Hé! palsambleu! je n'ai encore rien reçu.

ANGÉLIQUE

Vous voyez, Octave, ce que je fais pour vous.

ACTE I, SCENE III. i55 Voilà Colombine qui nous secondera pour rompre les mariages dont nous sommes menacés.

OCTAVE

Ah, ma chère Colombine! que je te serai obligé ! Dispose de ma bourse, ne l'épargne point; combien te faut-il ?

COLOMBINE

Ah, monsieur!...

LE PORTEUR

Je vous assure, monsieur, que vous ne sauriez moins donner qu'un écu pour le principal, et quatre francs pour boire.

OCTAVE, à Angélique.

Vous me promettez donc, charmante Angélique, d'être toujours dans les mêmes sentiments, et de ne jamais changer.

LE PORTEUR

Changer? changer? Oh, monsieur! si vous voulez changer, je trouverai de la monnoie. Mais ces officiers n'ont jamais de monnoie ; j'en sais bien la raison.

Ah, mademoiselle! voila votre tuteur: entrons dans ma loge, et nous verrons ensemble ce qu'il faudra faire.

(Ils s'en vout; le Porteur reste. )

i56 LA FOIRE SAINT-GERMAIN.

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