‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 98 sur 198 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

La ferme s'ouvre; on voit trois bustes, posés sur trois tables différentes, au milieu du théâtre.

ARLEQUIN, seul.

VoiCT le rendez-vous de tous les curieux ; C'est ici qu'on voit tout, pourvu qu'on ait des yeux; Ici l'on entend tout , quand on a des oreilles, Et de l'argent, s'entend. O têtes vSans pareilles! Vous , effort de mon art , miracle de ma main , Vous ne cesserez pas d'être mon gagne-pain , Tant que la ville

En badauds sera fertile.

Vous êtes , il est vrai , de bois et de carton , Vides de sens commun, sans esprit, sans raison : Cependant vous allez prononcer des oracles; Mais on voit tous les jours de semblables miracles.

Que de cervelles à ressorts

Voyons-nous , dans les plus grands corps ,

Former de graves assemblées ,

Décider de nos destinées !

En un mot , combien voyons-nous

De ces têtes tant consultées,

i68 LA FOIRE SAINT-GERMAIN.

Qui n'ont pas plus d'esprit que vous !

(Une des têtes, représentée par la Chanteuse, chante. )

Venez à nous, Accourez tous ; Rien n'est si doux Que d'apprendre sa destinée ;

Mais dans l'hyménée , L'ignorance est d'un grand secours.

Époux, ignorez toujours.

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