ODE V
Tirée du psaume lxvii. Exsurgat Deus
ARGUMENT. — C'est de lous les psaumes celui dont le sens littéral a le plus embarrassé les inierprètes. Plusieurs ont cru qu'il fut composé par David pour être elianlé pendant la cérémonie de la translalion de l'arche dans la ville de Jérusalem. En elTet, lorsqu'on élevait l'arche pour la transférer d'un lieu dans un autre, on chantait les premiers mots de ce psaume : CuiiKiue etevarelur arca, dk€bulMo<\se^:Surijc,l>u\n'mc, cldhmpenlitr iiihitUi lui, cl [iiquinl qui odeniut le a (acic liia. Mais le sens spirituel dé ce cantique regarde inconlestablement la résurrection et l'ascension du l'i s de Dieu, la destruction de l'idolâtrie et le triomphe de l'Egisc. Le cardinal Ilellarmin admirait dans ce psaume les figures, les métaphores, et les descriptions poétiques dont il est rempli. Il est vrai, que c'est un cliel'-d'a'uvre de la poésie hébraïque, et l'un des plus beaux psaumes de David.
Dieu se lève : tombez, roi, temple, autel, idole, Au feu de ses regards, au son de sa parole
Les Pliilislins oui fui.
Tel le vent dans les airs chasse au loin la fumée : Tel un brasier ardent Yoil la cire enllainmée liouillonncr devant lui.
Ghanlez vos sainles conquêtes, Israël, dans vos festins ; Olfrez d'innocentes fêles A l'auteur de vos destins Jonchez de tleurs son passage, Votre gloire esi son ouvrage.
Et le Seigneur est son nom.
dos persécutions qu'il essuyait: Eqo dorinivi et ao-
jtoniliis mm, el exsuirexi, quia'Domiiuis suscepil me
Mïl
iiiKMiriiK l'.vinii:. - i-oksils ^ittiKKs k
Pciii urus ven^o vos Jilarnios Dans II- siin^ ul dans lus luiiues Dos laiiiilles d'Asculuii
lu n'ont pu souU-nirsa Tace i-linceluiile ; l)u liuiide ur|ila-Iiii, Je la vi-uve Iri'uibbnle
Il pruii-ge les droits.
l)(i roiiil ilu >ancinuiio II nous p:irlf à tuulc liouro Il aime ^ r;i!iSi-inblor ilmis la nitinie lieuioure
Ceux qui guivenl ses luis.
Foui lié (lu leniorils siiiiùre, Il roiiipl Il'S fers redonlés (Jn'il lor^cn ihins sa colère rnur ses i-ntaiils révoltés.
Mais ses mains s'ai)|)csantissoiil Sur les |ieii|ilt'S (]ui l'aii^risseiit Par des attentats nouveaux ; El dans des déserts arides Sur ces cœurs durs et perlidcs Il épuise ses tléaux.
Souverain d'Israël, Dieu Tengeur, Dieu siiprôinc Loin des rives du Ml tu conduisais toi-iuème
Nos aïeux ell'rayés.
Parmi les eaux du ciel, les éclairs et la foudre Le mont de Sinaï, prêta tomber en poudre,
CLancela sous tes pieJs.
De riuimide sein des nues Le pain que lu lis pleuvoir, A nos tribus éperdues Uendit la vie et l'espoir.
Tu veilles sur ma patrie, Comme sur sa bergerie Veille un pasteur diligent; Kl la divine puissance llépaiid avec abondance Sss bienfaits sur l'indigent.
Sur l'abîme oes (lois, sur l'aile des tempêtes, Tes ministres sacrés étendent leurs conquêtes
Aux lieux les plus lointains.
Ton peuple bien aimé vaincra toute .a terre, El le sceptre des rois, que détrône la guerre.
Passera dans ses mains.
Ses moindres efforts terrassent Ses ennemis furieux ; Des périls qui le menacent Ji sort toujours glorieux, Koi de la lerre et de l'onde, Il éblouira le monde De sa nouvelle splendeur.
Ainsi du haut des montagnes, La neige dans les campagnes llépand sa vive blauclieur.
<à monts délicieux ! 6 fertile héritage !
Lieux cbéris du Seigneur, vous èies l'heureux gage
De son fidèle amour.
Demeure des faux dieux, montasses étrangères Vous n'êtes point l'asile où le Dieu de nospércs
A lixé son séjour.
Sion, quelle auguste fête!
Ouels Iransporls vont éclalerl
l'Illl.OSOI'lIlUt F.S. - 01 ILS 1121
Jusqu'A ton su|)(rl)0 faite l.(! rii.ir du Dieu va monlur- Il iiiarcliu au milieu de« angof yui célèbienl ses louanges, éiiélrés d'un saint ellmi.
Sa gloire lut moins brillante Sur la montagne brillante Où sa luaiii grava sa loi.
Seigneur, (u veux régner au sein de nos province»; Tu reviens entoure de peuples et de princes
Chargés de fers pesants.
L'idolitre a IVéïni i|uaiid il l'a vu paraître; Kt (|ii(;i(pril n'ose eiitore l'avouer pour sua maire,
Il t'ollVe des présents.
Ce Dieu si grand, si terrible A nos voix daigne accourir; Sa bonté toujours visible Se plaît à nous secourir.
Prodigue de récompenses -Malgré toutes nos olfcnse Il est lent dans sa fureur; -Mais les carreaux qu'il aiiprêlc Tôt ou tard briseni la tôle Do l'impie et du pécheur.
Dieu m'a dit : De Basan pourquoi crains-tu les pièges, La mer engloutira ces tyrans sacrilèges,
Dans son horrible flanc.
Tu fouleras aux pieds leurs veines déchirées ; Elles chiens tremperont leurs langues altérées
Dans les llols de leur sang.
Les ennemis de sa gloire Sont vaincus de loules pa.
La pompe de sa victoire Frappe leurs derniers regards.
Nos chefs enflammés de zôIh Clianlent la force immorlello Du Dieu qui sauva leurs jours Et nos filles Iriomiihanles Mêlent leurs voix éclatantes Au son brujanldes tambours
Bénissez le Seigneur, bénissez voire maître Descendants de Jacob, ruisseaux que firent nallré.
Les sources d'Israël :
Vous jeune Benjamin, vous l'espoir de nos pères Nephtali, Zabulon, Juda roi de vos frères, Adorez rEleniel.
Remplis, Seigneur, la promesse Que tu lis à nos aïeux ; Que les rois viennent sans cesse Te rendre honvnage en ces lieux.
Domfite l'animal sauvage Qui contre nous plein de rage, S'élance de ses marais; Pour éviter la poursuite.
Qu'il cherche envain dans sa fuile Les roseaux les plus épais.
Des nations de sang confonds la ligue impie. Les envoyés d'Eyypte, et les rois d'Arabie,
Ri'connailroril tes lois.
Chantez le Dieu vivant, royaumes de la terre ; Vous eotendez ces bruits, ces éclats de tonnerre: C'est le cri de sa voix.
0 ciel, ô vasle étendue.
Les altribuls de ton Dieu, Sur les astres, dans la nue Sont écrits en traits de feu Les prophèt.es qu'il envoie, Sont les héros qu'il emploie Pour conquérir l'univers.
Sa clémence vous a|ipelle, Nations, que votre zèle Serve le Dieu que je sers.