‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 1 sur 170 · Oeuvres complètes · texte numérisé non relu

Oeuvres complètes

Je vous déclare que je ne prends point de parti entre M. Desmarèts et vous. Je laisse à juger au monde quel est le visionnaire de vous deux. J'ai lu jusqu'ici vos lettres avec assez d'indifférence, quelquefois avec plaisir, quelquefois avec dégoût, selon qu'elles me sembloient bien ou mal écrites. Je remarquois que vous prétendiez prendre la place de l'auteur des Petites Lettres "^-^ mais je remarquois en même temps que vous étiez beaucoup au-dessous de lui, et qu'il y avoit une grande différence entre une Provinciale ou une Imaginaire.

Je m'étonnois même de voir le Port -Royal aux mains avec MM. Chamillard^ et Desmarêts. Où est cette fierté, disois-je, qui n'en vouloit qu'au pape, aux archevêques, et aux jésuites? Et j'admirois en secret la conduite de ces pères, qui vous ont fait prendre

•I . Cei auteur est Nicole ; et les Deux Fisionnaires (plus lard il y en eut huit) sont des lettres que Nicole écrivit contre Desmarêts de Saint- Sorlin, cl qu'il appelait Fisionnaires , oc parce qu'il les écrivait, dit Louis Racine, contre un grand visionnaire, auteur de la comédie des Visionnaires. » On y lisait cette phrase , que Racine crut écrite pour lui : « Un faiseur de romans et un poêle de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes. Il se doit regarder comme coupable d'une infinité d'homicides spirituels, ou qu'il a causés en effet, ou qu'il a pu causer. >»

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