DÉPENSES EXTRAORDINAIRES
Depuis l'année 1689 jusqu'au JO octobre 1693, on a fait pour quatre cent soixante-dix millions d'affaires extraordinaires. Le clergé entre autres , dans ces quatre années . a donné soixante-cinq millions.
Le roi avoit cette année près de cent mille chevaux et quatre cent cinquante raille hommes de pied : c' étoit quarante mille chevaux de plus qu'il n' avoit dans la guerre de Hollande.
M. de Feuquières avoit parlé tout l'hiver à M. de Pomponne de l'avantage qu'on trouveroit à porter le fort de la guerre en Allemagne : lorsqu'on fut arrivé au Quesnoy , et qu'on sut la prise de Heidelberg, ces discours furent remis sur le tapis. Le roi demanda à Chamlai un mémoire où il expliquât les raisons pour la Flandre et pour l'Allemagne. Chamlai a avoué qu'il appuya un peu trop pour l'Allemagne. Ainsi on résolut dès lors de pousser de ce côté-là; et le détachement de Monseigneur fut résolu. On espéroit en quelques négociations avec les princes d'Allemagne. Le roi apprit cette réso • lulion à M. de Luxembourg, près de Mons.
M. le maréchal de Lorges dit qu'il avoit proposé tout l'hiver le siège de Mayence, l'estimant beaucoup plus important et plus aisé même que celui de Heidelberg.
11 prétend aussi que Monseigneur lui ayant demandé, en arrivant au delà du Rhin, ce qu'il y avoit à faire, il lui répondit qu'il falloit faire ce que César avoit fait en Espagne contre les lieutenan.i da
Pompée, c'est-à-dire faire périr l'armée de M. de Bade, en lui coupaiil les vivres et les fourrages. M. de Bonfflers fut de son avis. M. de Choiseul dit : Cela me passe. La chose auroit pouitant pu être exécutée, mais les nouvelles d'Italie fiient prendre d'autres résolutions. Il assure que les prisonniers ont dit que si on eût pris le parti de bloquer M. de Bade dans Hailbron, ce général avoit résolu de commencer par égorger tous les chevaux de son armée.