‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 54 sur 170 · POLOGNE · texte numérisé non relu

POLOGNE

Les Cosaques commencèrent à se soulever en 1648, un peu avant la mort du roi Ladislas.

Ce prince avoit dessein de faire la guerre aux Tartares jusque dans leur pays, et vouloit mettre à la tête de l'armée des Cosaques Kmielnischi. La république n'approuva point cette guerre, et le roi fut obligé de licencier, malgré lui, ses troupes : il en eut tant de dépit, qu'on prétend qu'il excita en secret Kmielnischi à faire révolter les Cosaques, afin d'obliger la république d'avoir, malgré elle, sur pied une armée, et de lui en donner le commandement, bien résolu de se joindre avec les Cosaques quand il seroit proche d'eux, et de marcher non-seulement contre les Tartares, mais même contre les Turcs. Kmielnischi. se voyant sans emploi, et de plus ayant été maltraité dans un grand procès qu'il avoit eu pour des terres qui lui appartenoient. commença à cabaler parmi les Cosaques, à qui la paix étoit insupportable, et surtout au peuple de Russie, a cause des duretés et des vexations de la noblesse polonoise. Kmielnischi étoil fils d'un noble polonois, et dans sa jeunesse s'étuit enrôlé dans la milice cosaque, où il s'étoit distingué, et étoit monté à la charge de capitaine. Les Cosaques étoient des brigands sans loi et sans discipline, qui s'amassoient sur les frontières de Russie, pour faire des courses sur les Turcs, par la mer Noire. Etienne Bathori leur donna des lois pour s'en servir dans le besoin de la guerre, et pour garder les avenues de la Russie. Il les plaça dans les îles du Borysthène; ce qui les a fait appeler Cosaques Zaporouschi. Kosa signifie chèvre, et Porohi. en langage esclavon, signifie écueils, à cause du grand nombre d'écueils qui sont dans le lit du Borysthène, et qui le séparent en plusieurs petits bras.

Le courrier de l'évêqui de Marseille, M. de Forbin ', qui apporta

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