‹ Œuvres complètesChapitre 100 sur 418 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Il peut, seigneur, il peut, dans ce désordre extrême Épouser ce qu'il hait, et perdre ce qu'il aime.

ORESTE

Mais dis-moi de quel œil Hermione peut voir Son hymen différé , ses charmes sans pouvoir.

PYLADE

Hermione , seigneur , au moins en apparence , Semble de son amant dédaigner l'inconstance , Et croit que , trop heureux de fléchir sa rigueur , Il la viendra presser de reprendre son cœur. Mais je l'ai vue enfin me confier ses larmes : Elle pleure en secret le mépris de ses charmes ; Toujours prête à partir, et demeurant toujours, Quelquefois elle appelle Oreste à son secours.

ORESTE

Ah! si je le croyois , j'irois bientôt, Pylade, Me jeter....

PYLADE

Achevez, seigneur, votre ambassade.

Vous attendez le roi : parlez , et lui montrez Contre le fils d'Hector tous les Grecs conjurés. Loin de leur accorder ce fils de sa maîtresse , Leur haine ne fera qu'irriter sa tendresse ; Plus on les veut brouiller , plus on va les unir. Pressez : demandez tout , pour ne rien obtenir Il vient.

ORESTE

Hé bien! va donc disposer la cruelle A revoir un amant qui ne vient que pour elle.

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