SCÈNE II. - HERMIONE, ORESTE, CLÉONE
HERMIONE
Le croirai-je, seigneur, qu'un reste de tendresse Vous fasse ici chercher une triste princesse ? Ou ne dois-je imputer qu'à votre seul devoir L'heureux empressement qui vous porte à me voir?
ORESTE
Tel est de mon amour l'aveuglement funeste , Vous le savez, madame; et le destin d'Oreste Est de venir sans cesse adorer vos attraits , Et de jurer toujours qu'il n'y viendra jamais. Je sais que vos regards vont rouvrir mes blessures , Que tous mes pas vers vous sont autant de parjure? : Je le sais, j'en rougis. Mais j'atteste les dieux, Témoins de la fureur de mes derniers adieux , Que j'ai couru partout où ma perte certain»