‹ Œuvres complètesChapitre 190 sur 418 · ACTE I, SG£>;E I · texte numérisé non relu

ACTE I, SG£>;E I

Laissa sur son visage éclater son dépit. Mon cœur même en conçut un malheureux augure. L'ingrat, d'un faux respect colorant son injure, Se leva par avance; et courant m'embrasser, Il m'écarta du trône où je m'allois placer. Depuis ce coup fatal le pouvoir d'Agrippine Vers sa chute à grands pas chaque jour s'achemine L'ombre seule m'en reste : et l'en n'implore plus Que le nom de Sénèque, et l'appui de Burrhus.

ALBINE

Ah ! si de ce soupçon votre âme est prévenue , Pourquoi nourrissez -vous le venin qui vous tue? Daignez avec César vous éclaircir du moins.

AGRIPPINE

César ne me voit plus , Albine , sans témoins : En public, à mon heure, on me donne audience. Sa réponse est dictée, et même son silence. Je vois deux surveillans , ses maîtres et les miens , Présider l'un ou l'autre à tous nos entretiens. Mais je le poursuivrai d'autant plus qu'il m'évite : De son désordre, Albine, il faut que je profite. J'entends du bruit; on ouvre. Allons subitement Lui demander raison de cet enlèvement : Surprenons, s'il se peut, les secrets de son âme. Mais quoi! déjà Burrhus sort de chez lui?

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