‹ Œuvres complètesChapitre 268 sur 418 · SCÈNE II. — ANTIOCHUS , ARSACE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — ANTIOCHUS , ARSACE

ARSACE

Ah! quel heureux destin en ces lieux vous renvoie, Seigneur?

292 BÉRÉNICE

ANT10CHUS

Si mon retour t'apporte quelque joie, Arsace, rends-en grâce à mon seul désespoir.

ARSACE

La reine part, seigneur.

Elle part?

ARSACE

Dès ce soir :

Ses ordres sont donnés. Elle s'est offensée Que Titus à ses pleurs l'ait si longtemps laissée. Un généreux dépit succède à sa fureur : Bérénice renonce à Rome, à l'empereur; Et même veut partir avant que Rome instruite Puisse voir son désordre et jouir de sa fuite. Elle écrit à César.

ANTIOCHUS

0 ciel! qui l'auroit cru?

Et Titus?

ARSACE

A ses yeux Titus n'a point paru.

Le peuple avec transport l'arrête et l'environne , Applaudissant aux noms que le sénat lui donne ; Et ces noms, ces respects, ces applaudissemens, Deviennent pour Titus autant d'engagemens , Qui , le liant , seigneur , d'une honorable chaîne , Malgré tous ses soupirs, et les pleurs de la reine T Fixent dans son devoir ses vœux irrésolus. C'en est fait : et peut-être il ne la verra plus.

ANTIOCHUS

Que de sujets d'espoir, Arsace! je l'avoue : Mais d'un soin si cruel la fortune me joue , J'ai vu tous mes projets tant de fois démentis, Que j'écoute en tremblant tout ce que tu me dis; Et mon cœur, prévenu d'une crainte importune, Croit, même en espérant, irriter la fortune. Mais que vois-je? Titus porte vers nous ses pas! Que veut-il?

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