‹ Œuvres complètesChapitre 300 sur 418 · SCÈNE VIII. - ROXANE, ZATIME · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. - ROXANE, ZATIME

ZATIME.

Pardonnez si j'use vous troubler Mais , madame , un esclave arrive de l'armée ; Et , quoique sur la mer la porte fût fermée , Les gardes, sans tarder, l'ont ouverte à genoux, Aux ordres du sultan qui s'adressent à vous. Mais ce qui me surprend , c'est Orcan qu'il envoie.

ROXANE

Orcan !

ZATIME.

Oui , de tous ceux que le sultan emploie , Orcan, le plus fidèle à servir ses desseins, Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains. Madame, il vous demande avec impatience. Mais j'ai cru vous devoir avertir par avance : Et, souhaitant surtout qu'il ne vous surprît pas, Dans votre appartement j'ai retenu ses pas.

ROXANE

Quel malheur imprévu vient encor me confondre?

Quel peut être cet ordre? et que puis-je répondre?

Il n'en faut point douter, le sultan, inquiet,

Une seconde fois condamne Bajazet.

On ne peut sur ses jours sans moi rien entreprendre

Tout m' obéit ici. Mais dois-je le défendre?

Quel est mon empereur? Bajazet? Amurat?

J'ai trahi l'un: mais l'autre est peut-être un ingrat.

Le temps presse. Que faire en ce doute funeste?

Allons . employons bien ]e moment qui nous reste.

Ils ont beau se cacher: l'amour le plus discret

Laisse par quelque marque échapper son secret.

Observons Bajazet: étonnons Atalide;

Et couronnons l'amant , ou perdons le perfide.

334 BAJAZET

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