‹ Œuvres complètesChapitre 330 sur 418 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Nous mettrons notre honneur et son sang en oubli !

Il est mort : savons-nous s'il est enseveli ?

Qui sait si , dans le temps que votre âme empressée

Forme d'un doux hymen l'agréable pensée ,

Ce roi, que l'Orient, tout plein de ses exploits.

Peut nommer justement le dernier de ses rois.

Dans ses propres États, privé de sépulture.

Ou couché sans honneur dans une foule obscure .

N'accuse point le ciel qui le laisse outrager,

Et deux indignes fils qui n'osent le venger?

Ah ! ne languissons plus dans un coin du Bosphore :

Si dans tout l'univers quelque roi libre encore ,

Parthe, Scythe ou Sarmate, aime sa liberté,

Voilà nos alliés : marchons de ce côté.

Vivons , ou périssons dignes de Mithridate :

Et songeons bien plutôt, quelque amour qui nous flatte,

A défendre du joug et nous et nos États

Qu'à contraindre des cœurs qui ne se donnent pas.

PHARNACE

Il sait vos sentimens. Me trompois-je. madame? Voilà cet intérêt si puissant sur votre âme, Ce père, ces Romains que vous me reprochez.

XIPHARÈS

J'ignore de son cœur les sentimens cachés:

Mais je m'y soumettrois sans vouloir rien prétendre.

Si, comme vous, seigneur, je croyois les entendre.

PHARNACE

Vous feriez bien; et moi. je fais ce que je doi : Votre exemple n'est pas une règle pour moi.

XIPHARÈS

Toutefois en ces lieux je ne connois personne Qui ne doive imiter l'exemple que je donne.

PHARNACE

Vous pourriez à Colchos vous expliquer ainsi.

XIPHARÈS

Je le puis à Colchos, et je le puis ici.

PHARNACE

Ici! vous y pourriez rencontrer votre perte....

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