‹ Œuvres complètesChapitre 332 sur 418 · SCÈNE V. — PHARNACE, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — PHARNACE, XIPHARÈS

pharnace, à part.

Mithridate revient ! Ah , fortune cruelle ! Ma vie et mon amour tous deux courent hasard. Les Romains que j'attends arriveront trop tard :

[A Xipharès.) Comment faire ? J'entends que votre cœur soupire , Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire , Prince ; mais ce discours demande un autre temps : Nous avons aujourd'hui des soins plus importans. Mithridate revient peut-être inexorable : Plus il est malheureux, plus il est redoutable. Le péril est pressant plus que vous ne pensez. Nous sommes criminels , et vous le connoissez : Rarement l'amitié désarme sa colère -, Ses propres fils n'ont point de juge plus sévère-, Et nous l'avons vu même à ses cruels soupçons Sacrifier deux fils pour de moindres raisons. Craignons pour vous , pour moi , pour la reine elle-même. Je la plains d'autant plus qwe Mithridate l'aime. Amant avec transport , mais jaloux sans retour , Sa haine va toujours plus loin que son amour. Ne vous assurez point sur l'amour qu'il vous porte ■ Sa jalouse fureur n'en sera que plus forte. Songez-y. Vous avez la faveur des soldats ; Et j'aurai des secours que je n'explique pas. M'en croircz-vous ? Courons assurer notre grâce : Rendons-nous , vous et moi , maîtres de cette place; Et faisons qu'à tes fils il ne puisse dictai:

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