‹ Œuvres complètesChapitre 349 sur 418 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

MITHRIDATE

Ah! c'est où je t'attends.

Tu ne saurois partir, perfide! et je t'entends. Je sais pourquoi tu fuis l'hymen où je t'envoie : Il te fâche en ces lieux d'abandonner ta proie ; Monime te retient: ton amour criminel Prétendoit l'arracher à l'hymen paternel. Ni l'ardeur dont tu sais que je l'ai recherchée, Ni déjà sur son front ma couronne attachée , Ni cet asile même où je la fais garder, Ni mon juste courroux , n'ont pu t'intimider. Traître! pour les Romains tes lâches complaisances N'étoient pas à mes yeux d'assez noires offenses : Il te manquoit encor ces perfides amours Pour être le supplice et l'horreur de mes jours. Loin de t'en repentir, je vois sur ton visage Que ta confusion ne part que de ta rage : Il te tarde déjà qu'échappé de mes mains Tu ne coures me perdre et me vendre aux Romains. Mais, avant que partir, je me ferai justice : Je te l'ai dit. Holà , gardes !

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