SCENE II. - MONIME , PHŒDIME , ARCAS
En est-ce fait, Arcas? et le cruel Pharnace....
AHCAS.
Ne me demandez rien de tout ce qui se passe , Madame : on m'a chargé d'un plus funeste emploi ; Et ce poison vous dit les volontés du roi.
PHŒDIME.
Malheureuse princesse !
MONIME
Ah ! quel comble de joie î Donnez. Dites, Arcas, au roi qui me l'envoie Que de tous les présens que m'a faits sa bonté, Je reçois le plus cher et le plus souhaité. A la fin je respire; et le ctel me délivre Des secours importuns qui me forçoient de vivre. Maîtresse de moi-même , il veut bien qu'une fois Je puisse de mon sort disposer à mon choix.
PHŒDIME.
Hélas!
MONIME
Retiens tes cris ; et , par d'indignes larmes , De cet heureux moment ne trouble point les charmes Si tu m'aimois , Phœdime , il falloit me pleurer Quand d'un titre funeste on me vint honorer , Et lorsque , m' arrachant du doux sein de la Grèce , Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse. Retourne maintenant chez ces peuples heureux; Et , si mon ^•■>m encor s'est conservé chez eux , Dis-leur ce que tu vois , et de toute ma gloire , Phœdime , conte-leur la malheureuse histoire. Et toi qui de ce cœur, dont tu fus adoré,