‹ Œuvres complètesChapitre 65 sur 418 · SCÈNE I. — CLÉOFILE, ËPJFIÊS Fi ON · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — CLÉOFILE, ËPJFIÊS Fi ON

ÉPHESTION

Oui, tandis que vos rois délibèrent ensemble,

Et que tout se prépare au conseil qui s'assemble,

Madame, permettez que je vous parle aussi

Des secrètes raisons qui m'amènent ici.

Fidèle confident du beau feu de mon maître,

Souffrez que je l'explique aux yeux qui l'ont fai* naître;

Et que pour ce héros j'ose vous demander

Le repos qu'à vos rois il veut bien accorder.

Après tant de soupirs, que faut-il qu'il espère?

Attendez-vous encore après l'aveu d'un frère?

Voulez-vous que son cœur, incertain et confus,

Ne se donne jamais sans craindre vos refus?

Faut-il mettre à vos pieds le reste de la terre?

Faut-il donner la paix? faut-il faire la guerre?

Prononcez : Alexandre est tout prêt d'y courir,

Ou pour vous mériter, ou pour vous conquérir.

CLÉOFILE.

Puis -je croire qu'un prince au comble de la gloire De mes foibles attraits garde encor la mémoire ; Que traînant après lui la victoire et l'effroi, Il se puisse abaisser à soupirer pour moi ? Des captifs comme lui brisent bientôt leur chaîne ! A de plus hauts desseins la gloire les entraîne : Et l'amour dans leurs cœurs, interrompu, troublé, Sous le faix des lauriers est bientôt accablé. Tandis que ce héros me tint sa prisonnière, J'ai pu toucher son cœur d'une atteinte légère: Mais je pense, seigneur, qu'en rompant mes liens, Alexandre à son tour brisa bientôt les siens.

ÉPHESTION

Ah! si vous l'aviez vu, brûlant d'impatience.

Compter les tristes jours d'une si longue absence,

Vous sauriez que l'amour précipitant ses pas.

Il ne cherchoit que vous en courant aux combats.

C'est pour vous qu'on l'a vu, vainqueur de tant de princes ,

D'un cours impétueux traverser vos provinces,

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