L'AQUARIUM
Ce morceau parut d'abord dans la Vogue (numéro du 29 mai 1886, pp. 191-196) : il fut inspiré à Laforgue par les nombreuses visites qu'il fit, durant son séjour à Berlin, à un Aquarium qui se trouvait « Sois les Tille lu s ».
Il semble bien qu'on doive attribuer comme date de compositicn à cet ouvrage : l'hiver de 1885-86, auquel Laforgue fait une directe allusion dans son texte même : a ... et remonter, s'en aller au grand jour boueux, frileux, fiacreux, mufleux, cagneux, catarrheux et belliqueux de 1886. »
Jules Laforgue, en introduisant la description de l'« Aquarium » dans la seconde version de Salomé, lui fit subir des transfoi mations sensibles qui apparaîtront aisément, en comparant les deux textes que
l'on trouvera dans ce volume, Salomé) pp. 152 à 155, etl' Aquarium, pp. 267 à 271).
L'Aquarium a été reproduit dans Vers et Prose, tome IV, décembre 1905, janvier 1906, pp. 118 et seq.
Parmi les fragments de Laforgue publiés posthumément, l'en en trouve deux qui traitent du même sujet :
« A l'aquarium, ■ — les fonds silencieux pour lesquels c'est toujours l'éternité, pour lesquels il n'y a ni printemps, ni été, ni automne, ni hiver ».
(Revue Blanche, oct., 1894, p. 307.)
«Devant le regard atonegrave,sage, bouddhique des crocodiles, des pithons (les ophites), etc. Comme je comprends ces vieilles races d'Orhnt qui avaient épuisé tous les sens, tous les tempéraments, toutes les métaphysiques, — et qui finissaient par adorer, béatifier comme symbole du Nirvana promis ces regards nuls dont on ne peut dire s'ils sont plus infinis qu'immuables.
« Mais l'idéal, c'est ces éponges, ces astéries, ces plasmas dans le silence opaque et frais, tout au rêve, de l'eau. »
(Revue Blanche, n° 49, 15 juin 1895.)
Ajoutons que nous avons pu, grâce à l'aimable obligeance de Mme Théo van Rysselberghe à qui ils appartiennent, reviser notre texte de A propos de Hamlet et de Y Aquarium, sur les manuscrits, et nous assurer qu'ils ne présentaient, d'ailleurs, avec les textes delà Vogue et du Symboliste, aucune variante.