‹ Œuvres complètesChapitre 32 sur 96 · A NOTRE-DAME DES SOIRS · texte numérisé non relu

A NOTRE-DAME DES SOIRS

L'Extase du soleil, peuh ! La Nature, fade Usine de sève aux lymphatiques parfums.

Mais les lacs éperdus des longs couchants défunts Dorlotent mon voilier dans leurs plus riches rades,

Comme un ange malade...

0 Notre-Dame des Soirs,

Que Je vous aime sans espoir !

Lampes des mers ! blancs bizarrants ! mots à vertiges !

Axiomes in ariiculo mortis déduits !

Ciels vrais ! Lune aux échos dont communient les puits !

Yeux des portraits ! Soleil qui, saignant son quadrige, Cabré, s'y crucifige !

0 Notre-Dame des Soirs, Certes, ils vont haut vos encensoirs !

Eux sucent des plis dont le frou-frou les suffoque;

Pour un regard, ils battraient du front les pavés;

Puis s'affligent sur maint sein creux, mal abreuvés;

Puis retournent à ces vendanges sexciproques. Et moi, moi, Je m'en moque !

Oui, Notre-Dame des Soirs, J'en fais, paraît-il, peine à voir.

En voyage, sur les fugitives prairies,

Vous me fuyez; ou du ciel des eaux m'invitez;

Ou m'agacez au tournant d'une vérité;

Or vous ai-je encor dit votre fait, je vous prie ? Ah ! coquette Marie, Ah ! Notre-Dame des Soirs, C'est trop pour vos seuls Reposoirs !

Vos Rites, jalonnés de sales bibliothèques, Ont voûté mes vingt ans, m'ont tari de chers goûts. Verrai-je l'oasis fondant au rendez-vous, Où... vos lèvres (dit-on !) à jamais nous dissèquent? 0 Lune sur la Mecque !

Notre-Dame, Notre-Dame des Soirs, De vrais yeux m'ont dit : au revoir !

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