‹ Œuvres complètesChapitre 46 sur 96 · COMPLAINTE DES PRINTEMPS · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DES PRINTEMPS

Permettez, ô sirène, Voici que votre haleine Embaume la verveine; C'est l'printemps qui s'amène !

— Ce système, en effet, ramène le printemps, Avec son impudent cortège d'excitants.

Otez donc ces mitaines; Et n'ayez, inhumaine, Que mes soupirs pour traîne :

Ous'qu'il y a de la gêne...

— Ali ! yeux bleus méditant sur l'ennui de leur art ! JEt vous, jeunes divins, aux soirs crus de hasard !

Du géant à la naine, Vois, tout bon sire entraîne Quelque contemporaine, Prendre l'air, par hygiène...

— Mais vous saignez ainsi pour l'amour de l'exil ! Pour l'amour de l'Amour ! D'ailleurs, ainsi soit-il...

T'ai-je fait de la peine?

Oh ! viens vers les fontaines Où tournent les phalènes Des Nuits Elyséennes !

— Pimbêche aux yeux vaincus, bellâtre aux beaux jarrets, Donnez votre fumier à la fleur du Regret.

Voilà que son haleine N'embaum' plus la verveine !

Drôle de phénomène...

Hein, à l'année prochaine?

— Vierges d'hier, ce soir traîneuses de fœtus, A genoux ! voici l'heure où se plaint l'Angélus.

Nous n'irons plus au bois, Les pins sont éternels, Les cors ont des appels !...

Neiges des pâles mois, Vous serez mon missel !

— Jusqu'au jour de dégel.

COMPLAINTE

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