‹ Œuvres complètesChapitre 57 sur 96 · DES NOCES DE PIERROT · texte numérisé non relu

DES NOCES DE PIERROT

Où te flatter pour boire dieu, Ma provisoire corybante?

Je sauce mon âme en tes yeux, Je ceins ta beauté pénitente, Où donc vis-tu? Moi si pieux, Que tu m'es lente, lente !

Tes cils m'insinuent : c'en est trop; Et leurs calices vont se clore, Sans me jeter leur dernier mot, Et refouler mes métaphores, De leur petit air comme il faut?

Isis, levez le store !

Car cette fois, c'est pour de bon; Trop d'avrils, quittant la partie Devant des charmes moribonds, J'ai bâclé notre eucharistie Sous les trépieds où ne répond Qu'une aveugle Pythie !

Ton tabernacle est dévasté?

Sois sage, distraite égoïste !

D'ailleurs, suppôt d'éternité, Le spleen de tout ce qui n'existe Veut qu'en ce blanc matin d'été, Je sois ton exorciste !

Ainsi, fustigeons ces airs plats Et ces dolentes pantomimes Couvrant d'avance du vieux glas Mes toscins à l'hostie ultime !

Ah ! tu me comprends, n'est-ce pas, Toi, ma moins pauvre rime?

Introïbo, voici l'Époux !

Hallali! songe au pôle, aspire; Je t'achèterai des bijoux,

Garde-moi ton ut de martyre...

Quoi ! bébé bercé, c'est donc tout?

Tu n'as plus rien à dire?

■ — Mon dieu, mon dieu ! je n'ai rien eu,

J'en suis encore aux poncifs thèmes !

Son teint me redevient connu,

Et, sur son front tout au baptême,

Aube déjà l'air ingénu !

L'air vrai ! l'air non mortel quand même !

Ce qui fait que je l'aime,

Et qu'elle est même, vraiment,

La chapelle rose

Où parfois j'expose

Le Saint-Sacrement De mon humeur du moment.

COMPLAINTE

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