‹ Œuvres complètesChapitre 82 sur 111 · FIN DE C II A 11 1 ES IX · texte numérisé non relu

FIN DE C II A 11 1 ES IX

on s'en (int à couper la tête à La Mole el à Goconas, plus tard à Montgommery.

Le Ier mai, Catherine écrivail que son (ils riait

guéri. I.'' 20 mai il riait mort.

L'historien De Thou, qui était jeune alors, mais qui a été informé de plusieurs circonstances secrètes par

père, le très servile instrument de Catherine, le président Christophe De Thou, affirme trois choses :

Premièrement, que Charles IX voulu// envoyer la reine mère en Pologne rejoindre le duc d'Anjou. Il comprenait qu'elle avait tout fait pour ce fils bienaimé, surtout la Saint-Barthélémy. Il voyait très bien que le conseiller de cet acte, Retz, son ancien gouverneur, n'était nullement sûr pour lui, et n'agissait désormais que pour son frère, le futur roi. La reine mère lui demandant une grâce nouvelle pour Retz, il répondit sèchement : « Qu'il n'était déjà que trop impensé. » Cette défaveur fut peut-être la raison réelle qui fit partir Retz pour l'Allemagne. Quand Catherine conduisit Anjou et laissa le roi à Yillers- Cotterets, elle témoigne par ses lettres qu'il était irrité contre elle, et elle travaille à l'apaiser. (Cath., Lettres mss. de nov. 73.)

Deuxièmement, De Thou affirme que tout le monde croyait Charles IX empoisonné. Par qui? par les Italiens, par sa mère et Retz? ou bien par les Guises? emment encore, il avait failli tuer Henri de Guise, qui avait tiré l'épée dans le Louvre pour une querelle, et Benri n'avait échappé qu'en demandant loux. Plusieurs pensaient que le roi pou-

vait être tenté de fermer sur les Guises les portes du Louvre, et d'en faire, avec ses gardes, une seconde Saint -Barthélémy.

De Thou, en dernier lieu, assure que les taches livides qu'on lui trouva dans le corps firent croire à l'empoisonnement. Bien entendu que Catherine, dans une lettre ostensible, maternelle et trempée de larmes, dément expressément ce bruit.

Je crois, en réalité, que les Italiens étaient fort impatients de sa mort, qu'au milieu de tant de négociations avec la maison d'Orange et les protestants d'Allemagne, Charles IX eût pu, un matin, par un revirement subit, leur échapper, s'en aller droit à la Bastille s'entendre avec Montmorency.

Mais je crois en même temps que Charles IX, qui prenait lui-même tout moyen possible de s'exterminer, leur épargna cette peine.

Alité souvent dans les derniers mois, les exercices violents lui manquant, il se jeta dans une autre voie de mort, dans les jouissances de femmes, les uns disent avec Marie Touchet, les autres avec la jeune reine, qui lui avait donné une fille et pouvait lui donner un fils.

Tout près de la mort, il dit cependant qu'il était charmé, pour lui, pour la France, de ne pas laisser de

postérité.

Et une autre parole de sens : Qu'on ne connaissait pas son frère Anjou, qu'il ne répondrait nullement à l'attente publique, qu'on saurait, dès qu'il serait roi, quel homme c'était.

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H ne se fiait point à sa mère. El ce ne fui pas à elle qu'il fit sa dernière prière. Il se souvint alors de la seule personne qui lui eûl donne un sentiment élevé ••I tendre, et dit à un de ses officiers : 9e le recommander a mademoiselle Touchet.

Les catholiques assureront qu'il avait fait une dès belle lin catholique. [Lettre vis. de Morillon à Grcmvelle.) Los protestants, les politiques (L'Estoile, entre autres, qui recueille les bruits do Paris), disent au contraire qu'il ont une fin très repentante, qu'il adressa a sa nourrice protestante les regrets les plus pathétiques sur la Saint-Barthélémy.

Uni put le savoir au juste? la reine mère tenait le Louvre, et l'on n'en sut rien que par elle.

De Thou dit qu'en lui témoignant une confiance •lue, le mourant dissimula ses véritables sentiments, qu'il l'eût éloignée des affaires, mais que, dans cette fin hâtive, il n'avait qu'elle à qui il pût laisser ►uvernement et le maintien de l'ordre public. Quelque soin qu'on prit de l'entourer, de le tromper, il avait senti sans nul doute la grande et universelle malédiction qui devait le poursuivre à jamais. Il avait, par le massacre, dispersé par toute la terre des mis- Mnnnaircs de haine éternelle. Sa folle vanterie de préméditation avait été prise au sérieux et des protestants et des catholiques. Rome dans ses éloges exaltés, dans ses furieuses satires, étaient d'accord 3. Un cri unanime, lui vivant, commençait contre sa mémoire, cri horriblement strident, aigre, aigu a son oreille.

Cri de haine, mais cri de risée. Il avait servi Philippe II. Pour lui le profit, pour Charles la honte. Le duc d'Albe en parlait avec le dernier mépris. Le duc de rinfantado avait dit naïvement : « Mais pourriezvous bien me dire si ces gens-là qu'on a tués n'étaient pourtant pas des chrétiens? »

Les redoutables paroles de Louis de Nassau, d'un mourant à un mourant, qui lui furent portées à Paris par le martyr Ghastelier, et qui lui furent certainement articulées mot pour mot par ce héros fanatique, durent lui traverser le cœur d'une lame fine et pénétrante, plus qu'aucun stylet d'Italie.

Il lui dénonçait la ruine de la royauté, du royaume : « La France est à qui veut la prendre. »

Seulement, il était sensible que la vieille qui succédait (sous l'homme-femme Henri III) épuiserait tous les degrés de l'opprobre, que par eux la France boirait la honte comme l'eau.

Nous voyons dans ses lettres cette grande reine politique tout occupée d'acheter pour son fils un collier de femme , par accommodement toutefois , devant prendre les perles une à une à mesure qu'il viendra de l'argent.

Cet argent vient si peu , qu'en mai elle implore Rouen pour en tirer un petit don de quarante mille francs. En juin, elle implore Venise pour obtenir un emprunt des marchands ; mais, comme ils ne veulent prêter, elle prie le duc de Ferrare de l'appuyer de son crédit, celui de la France ne suffisant pas.

À l'arrivée d'Henri III, quand elle alla le recevoir,

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toute la cour «Mail si pauvre, que les seigneurs, en plein hiver, mirent leurs manteaux eu gage à Lyon, -ans un prél de cinq mille francs que Lui lit au domestique, la reine mère et ses Biles y auraient engagé leurs jupes.

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