‹ Œuvres complètesChapitre 91 sur 111 · HENRI · texte numérisé non relu

HENRI

Il hésite. Mais sa mère insiste pour qu'il en soit ainsi. Les étrangers vonl entrer, el non seulemenl les huguenots, mais les catholiques (apparemment les Espagnols). « Sans la paix, jamais royaume ne fui si près d'une grande ruine. » (Lettre ms. du 21 novembre 1575.)

Taris refusa nettement de payer un sou. Les gouverneurs refusèrent de livrer les villes. Les Allemands de Gondé refusèrent de s'arrêter, et entrèrent en France. Trois armées ensemble mangeaient le pays; les reitres en Bourgogne, Alençon en Poitou, Dam ville en Languedoc. Henri III semblait perdu.

Le jeune roi de Navarre n'avait pas suivi son cher ami Alençon, espérant (assure De Thou) qu'on lui confierait une armée contre lui. Mais on l'avait donnée à Guise. Un matin, il prit son parti, quitta le roi, que tous quittaient.

Il arrivait fort à propos. Les protestants étaient déjà en grande défiance d'Alençon. Ge garçon, double, intrigant, s'était adressé à la fois à Rome et à La Rochelle. Il faisait savoir au pape qu'il ne voulait en tout cela que « se servir des huguenots ». En môme temps, par une proposition insidieuse faite aux Rochelais, il avait cru tout d'abord pouvoir se saisir de la ville. Une les attrapa point, et se fît connaître. Les protestants aimèrent mieux l'ennemi qu'un tel ami.

Au printemps, Catherine, étant venue sur la Loire au-devant de son cher fils, obtint de lui la paix. Rien ne fut plus gai. Son galant cortège de filles, qu'elle menait en toute occasion, négociait à sa manière,

mêlant les caresses aux paroles; c'était comme l'appoint des traités (6 mai 1576).

L'article 1er n'était pas moins que le démembrement de la France. On refaisait Charles-le-Téméraire. Alençon recevait tout le centre du royaume en apanage (Anjou, Touraine, Berry, Alençon, etc.). Navarre avait la Guyenne, et Gondé la Picardie. On était dès lors bien sûr que les catholiques en voudraient autant pour les Guises. Et, en effet, ils vont avoir cinq gouvernements. Des treize que comptait le royaume, trois peutêtre resteront au roi.

L'article 2 constituait les protestants en une sorte de république, ayant non seulement le culte libre partout, non seulement des places fortes dans six provinces, mais se gouvernant par leurs assemblées. Plus, un solennel désaveu de la Saint- Barthélémy, faite « au grand déplaisir du roi ». Restitution des biens confisqués aux familles des victimes.

Le roi se chargeait de payer les Allemands, et remerciait tous ceux qui l'avaient soulagé de sa royauté.

Enfin, tant de choses accordées, il octroyait pardessus les États généraux, qui devaient emporter le reste.

La reine mère revint triomphante d'avoir obtenu ce traité. Tout le monde admira son adresse. (Alberi, d'après Alamanni, Archives Médicis.)

LA LIC.UR t89

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