‹ Œuvres complètesChapitre 35 sur 84 · L^ C0-X.F%0'K.T^4TI0-X · texte numérisé non relu

L^ C0-X.F%0'K.T^4TI0-X

>NS mon chemin honteux qui marche, sœur fatale?

— Presque une enfant, ma sœur, aussi morne que vous?

— Quelle nuit 1 Qiiel éclair 1 Qui t'a faite si pâle ?

— Un dédain, un départ, l'enfer d'un cœur jaloux 1

— Un peu d'orgueil suffit pour n'être pas jalouse !

— Un grand amour trompé fait qu'on aime toujours !

— Lâche, qui pense au traître avec des yeux d'épouse !

— Pire encore, qui craint les douleurs sans secours!

— Le mépris nous délivre, et l'oubli vient, qui venge ! -- Le souvenir enchaîne et grandit les regrets!

— Change d'amour aussi, puisque ici-bas tout change !

— Ne plus aimer celui qui m'aima? J'en mourrais!

— Sois la haine ! Tout homme est vil et vain d'une ombre ! -■ Si la bouche mentait, son baiser m'enivra!

— L'infamie ou la mort, choisis ! Tout rêve y sombre !

— Sur Tinfâme tombeau mon rêve flottera 1

— Tes larmes tariront, tu souriras encore I

— Oui, toujours, comme toi, vers le bourreau perdu !

— Ah I je te reconnais, fantôme que j'abhorre 1

— Oui, je suis ta jeunesse, ô cœur noirl corps vendu !

LE CAMEE

LE C^O\CEE

N" cœur d"homme à vingt ans est une cire molle. Une enfant, tout à coup, avec son doigt léger Y trace son image insoucieuse et folle ; Puis se sauve en riant, et sans plus y songer.

Mais la cire devient plus dure que la lave; Ht sur ses bords brûlants ou glacés tour à tour, Le profil adoré par la douleur se grave. Kul acide n'en peut ronger le pur contour.

l'as de pierre qui l'use ou de feu qui le fonde ! Sur lui l'absence est vaine et le temps en vain mord. îs'i les pleurs corrosifs, ni la rouille profonde, Rien n'y fait. Le c.imée est I;\, jusqu'à la mort!

Va toujours, et partout, comme un remords vivace, De l'immortelle empreinte une perle de sang Filtre vers la poitrine, et grandit, quoi qu'on fasse, (^ar on l'essuie en vain sans cesse, en palissant.

I06 1. F. s AMANTS

Puisque l'afFreux réveil d'un beau songe nous tue, Vous tous, rêveurs charmés qui gémirez demain I S'il vous faut un amour, aimez une statue Sans demander aux Dieux de remuer sa main !

S'il faut pour être heureux caresser quelque rêve, De celui-là du moins on ne s'éveille pas Transpercé d'un rayon comme du froid d'un glaive ; Ht peut-être on l'embrasse au del;\ du trépas!

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