N.OEL
^ Sully 'PrUiUiomnu
Di
'i;jA combien de fois, avec tranquillité, Ce vieux monde a refait le tour de son orbite ! Nous aurons disparu dans quelque horreur subite, Qu'il tournera toujours, ni las, ni révolté.
Toi dont l'âme insoumise a soif d'immensité, Agis ou rcve, lutte, aime ou détruis, habite Ta cellule en soldat ou bien en cénobite, Tourne, va du désir à la satiété.
Ris, pleure et souviens-toi dans chaque anniversaire ! .\s-tu senti deux fois le battement premier? Tout ce qui meurt en toi reste éternel fumier!
Parle encore aux enfants du divin émissaire. Sans plus même chercher pour le fer ou le feu Une crèche nouvelle où dorme un nouveau Dieu !
kJvt. le corbeau croasse et le vampire ulule! » Dit le moine livide en rejetant son froc. « Puisque avec toi j'ai fait l'abominable troc, Satan! cette nuit, change en palais ma cellule!
Il Je consens que mon ime un jour pende à ton croc. Mais je veux, sans remords plus que la libellule, Baiser ces fleurs de chair dont le monde pullule, C^ommc un ivrogne boit son ivresse à plein broc! »
Un lit royal se dresse au geste évocatoire; Et les reines d'amour qui parfument l'histoire Reviennent du tombeau remourir dans ses bras.
— Mais en nous, quel démon, quel pacte vous réveille, Dans les sonorités d'éternels alhambras, Souvenirs, spectres vains des espoirs de la veille?