LE PASSAGE
— Mais lui-même, ce soir, l'astre qui nous éclaire, Comme un éperon d'or dans des glaces entré. Semble un vaisseau qui cherche un passage ignoré, Sans pilote et sans mâts, dans le chaos polaire 1
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>J 'ai vu passer, l'autre matin, Un jeune Dieu dans la prairie ; Sous un costume de féerie Il sautillait comme un lutin.
Tout perlé d'or et d'émeraudc.
Sans arc, sans flèche et sans carquois, Hn chantonnant des vers narquois.
Il s"en allait comme en maraude.
Il redonnait, à chaque bond,
L'onde aux ruisseaux, des Heurs aux rives.
Des alouettes et des grives
Au saule creux et moribond.
Le fol Archer buveur de larmes, Pour une fois pris en défaut, A travers champs riait tout haut De n'être plus qu'un fou sans armes I