‹ Œuvres complètesChapitre 74 sur 84 · A THEOPHILE GAUTIER I · texte numérisé non relu

A THEOPHILE GAUTIER I

Ils t'ont pris par la main, ceux-là qui tour à tour Au bout d'un burin d'or nous léguaient leur pensée, Fixant l'œuvre divine en son plus sur contour.

Reçois de fils pieus la couronne tressée

Pour ceux qu'illuminait un éclair idéal

Dont leur âme en naissant fièrement fut blessée.

Siège, esprit lumineux, au trône sidéral ! I.cvre attique parlant de suprême harmonie, ]■ tanche enfin ta soif dans un nectar lustral !

L.i suprême beauté loin de nous est bannie, Mais nous la revoyons dans le miroir de l'Art, Depuis que le Rhapsode erra dans l'ionie.

Salut ! Tu peux parler d'Hélène au grand vieillard !

LES T%,ÈSO%IETlS

^ Licontc de Lish-

x frcmisscment lier passe à travers les bois;

Aux limpides clartés de la nuit pacifique,

Le vieux peuple muet dont les chênes sont rois

Enfle sou àmc au vent de leur àme stoïque.

Et le siècle, le jour, l'heure, l'instant, le mois, Unissent tout à. coup dans un arôme unique Mille arômes au loin répandus à la fois.

Le peuple fraternel aux lointaines lisières Vibre ému tout entier de la beauté des lois Q.ui scellèrent ses pieds aux plaines nourricières.

Les timides soupirs, les féroces abois.

Tous les instincts errants, toutes les fourmilières,

Ancêtres! ils sont nés sous votre ombre, autrefois

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