L A F E M ME
Je t'admirais de loin combattre le premier,
Ardent, la tête échevelée, Te ruant par grands bonds à travers la mêlée, O Kendélann, faiseur de morts, cœur de limier!
La cervoise de Trenn ruisselait sur ta table Tant que tu défendis ta ville en cendre, hélas !
O Kendélann, chef indomptable !
Tant qu'un mur fut debout tu nous y rappelas!
Mes fils! Hier cncor, sous deux coups de sa hache Les cadavres tombaient à ses pieds par monceaux; Grandissez! Le lion est mort, mes lionceaux! .Mes fils! mes fils! Malheur au lAclie !
Allume en eux ton grand brasier.
Incendie! En leur âme, ô ventl souffle ta rage! Vengeance! que ta soif dessèche leur gosier! lit que mon âme à moi soit comme un ciel d'orage !
Quand il vivait, son toit n'était pas f;;ranJ ouvert
Sur la salle, comme à cette heure!
Abandonnés après le maître que je pleure. Comme la salle est sombre et le palais désert!
].:\ salle du palais de Kendélann est sombre Cette nuit, sans foyer, ni lampes au milieu !
Seul je veille en pleurant dans l'ombre. Oui peut me soutenir à présent, sinon Dieu?
Salle de Kendélann, quel lourd silence règne ILniTC tes murs déserts et sous tes noirs lambris ! Ni fo3-er, ni lumière! Et, seul dans les débris, Je sens mon cœur amer qui saigne !
Sans famille, hélas! et sans feux!
Salle de Kendélann, le vent noir te secoue ! Mon chef est mort! Je vis! J'arrache mes cheveux! Mes pleurs abondamment coulent, creusant ma joue !
Ta salle, ô Kendélann! est morne sous le ciel!
L'asile a croulé sous les flammes.
Où les guerriers, riant aux valeureuses dames, Ixoutaicnt le vieux barde en buvant Thvdromel !