‹ Œuvres complètesChapitre 79 sur 84 · LA F E M M E · texte numérisé non relu

LA F E M M E

Au grand galop, va! pars! Je porte, 6 bon cheval!

La moisson rouge de la veuve !

La gerbe dont la trace est longue comme un lleuve ! L'épi mur qui brillait ce matin sans rival !

A travers champs je porte à mon coté la tête, La tète pâle, aux yeux rigidement ouverts,

Q.UC la mêlée avait pour crètc l^ans les jours de victoire ou les jours de revers!

J'ai cherché dans la nuit; et je porte à ma gauche La tête aux longs cheveux du chef des braves clans Arrachée aux oiseaux qui croassaient sanglants, Et dont la corne fouille et fauche 1

Je porte à cette heure à la main Lx tète au front troué d'un guerrier magnanime ! Cours, bon cheval! hennis! je pleurerai demain! Bondis par la forêt sous ma voix qui t'anime!

l:mporte-moi ! Je porte, hélas! sous mon manteau,

La tête froide au front tout rouge !

Sur sa face à présent aucun muscle ne bouge ! Elle bat sur mon sein telle qu'un lourd marteau !

En avant! Sur mon bras, au grand galop, je porte La tcte où tant de fois l'éclair terrible a lui !

— Los murs n'ont plus ni toit ni porte! — Amour et gloire, tout n'est qu'un rêve aujourd'hui!

Là-bas, sur un grand tas d'ennemis, près du mole De Pennock, il était comme un chêne couché. Son cou que j'embrassais, moi, moi, je l'ai tranché! Sa tête est là sur mon épaule I

Mes lils ! je vous porte à mon poing Sa tête aux yeux ouverts qui fixement regardent! — Dans mon âme ces yeux ne se fermeront point ! — Le jour venu, malheur aux orphelins qui tardent!

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