‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 137 sur 139 · ELOGE DE M. DE LAMOIGNON · texte numérisé non relu

ELOGE DE M. DE LAMOIGNON

probité, l'amour de tous les gens de bien ; cet homme parfaitement chrétien, et encore plus recommandable par sa religion que par toutes les éminentes qualités dont la nature l'avait enrichi ; cet homme qui sut si bien accorder la grâce de sa modestie avec l'élévation de sa dignité, la douceur de son esprit avec la fermeté de son ministère, les vertus qui le faisaient aimer avec celles qui, malgré lui-même, le faisaient révérer et admirer ; cet homme enfin, dont le nom ne mourra jamais, et qui vient de s'ensevelir dans la bénédiction des peuples, c'est celui que je pourrais vous proposer comme la parfaite image du serviteur fidèle de l'Evangile, puisqu'il n'y a personne de vous qui ne lui rende ce témoignage, qu'il a été par profession, par inclination, par choix de Dieu et par élection, le père des pauvres ; puisque l'un des caractères par où il s'est distingué est d'avoir chéri les pauvres comme ses enfants et comme sa propre famille ; puisque ni l'éclat, ni la foule de ses importantes occupations, ne lui ont jamais ôté un moment de cette application infati- ■gable qu'il a eue pour le bien des pauvres, puisqu'il n'y a point de maison ni d'établisse-

ment de pauvres qui n'ait été l'objet de son le, et qui n'en ait ressenti les effets ; puisq les pauvres eux-mêmes, par leurs gémisseme et par leurs larmes, protestent avoir perdu en lu un protecteur, qu'à peine espèrent-ils recouvre» jamais. Je pourrais, dis-je, pour l'exécution même démon dessein, vous retracer l'idée de cet homme incomparable, et l'éloge que je ferais de sa personne ne serait qu'une reconnaissance publique que vous confesseriez lui être due. Mais mon regret particulier (car combien en particulier me doit être, non-seulement vénérable, mais précieuse et chère sa mémoire ?}, ma douleur très-vive et très-sincère m'empêche de vous en dire davantage, et de m'expliquer autrement que par mon silence, Suspendons pour quelques moments les réflexions que nous aurions à faire sur une perte que nous ne pouvons assez pleurer, et pour bien comprendre ce que c'est dans la maison de Dieu qu'un serviteur fidèle, adressons-nous à la Vierge qui prit la qualité de servante du Seigneur, au temps même qu'elle eu fut déclarée la mère. Ave, Ma. ria.

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