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A la suite d’une première conférence tenue à Ruel, du

46o Les nobles

C’est assez , noble Parlement.

Beuvons ensemble vistement ;

Aussy bien tout le peuple crie :

C’est assez, noble Parlement,

Faisons la paix, je vous en prie.

De peur d’estre en plus mauvais point.

Rendons-nous au roy qu’on adore ;

Je tremble sous mon vieux pourpoint De peur d’estre en plus mauvais point.

Ne disons plus tant: Point, point, point;

Clion vous en conjure encore.

De peur d’estre en plus mauvais point , Rendons-nous au roy qu’on adore.

En doit-on esperer du bien,

De cette illustre conférence ?

Parlez , vous ne respondez rien ?

En doit-on esperer du bien ?

Chascun sera-t’il sur le sien ?

Y voyez-vous quelque apparence?

En doit-on esperer du bien De cette illustre conférence ?

Mais cela s’entend sans parler,

L œil sert d’oreille en cette enqueste ;

Vostre voix le voudroit celer,

Mais cela s’entend sans parler.

Tout yra bien , il faut baler,

Vous en respondez de la teste.

Mais cela s’entend sans parler,

L œil sert d’oreille en cette enqueste.

Avec les grimaces d’esprit

février au 14 mars, une deuxième conférence, ouverte à Saint- Germain-en-Laye le 16 mars et close le i avril, amena la fin de la première période des guerres de la Fronde.

Triolets. 46 i

Fardez-vous point ce qui se couve?

Le siecle cet art nous apprit ,

Avec les grimaces d’esprit;

La morale vous en reprit ,

Mais la politique l’approuve.

Avec les grimaces d’esprit Fardez-vous point ce qui se couvre ?

Non , non , fideles députez ,

Le vray s’estale en vostre mine ;

A tout de l’œil vous repartez :

Non, non , fideles députez.

Les bons frondeurs sont bien traitez.

Et l’on ne craint plus la famine.

Non, non, fideles députez,

Le vray s’estale en vostre mine.

Nostre olive est nostre laurier La paix triomphe de la guerre ;

Adieu le fol avanturier,

Nostre olive est nostre laurier ;

Adieu le bruit de l’armurier,

Puisque l’on chante au son du verre.

Nostre olive est nostre laurier,

La paix triomphe de la guerre.

Quand l’an qui court se fermera 1 J’ouvriray mon douziesme lustre.

J’ignore ce qu’on tramera Quand l’an qui court se fermera ;

Mais je sçay qu’à qui rimera Je pourray passer pour illustre.

Quand l’an qui court se fermera J’ouvriray mon douziesme lustre.

i . Ces vers sont l’acte de naissance de Saint-Amant ; ils autorisent à placer sa naissance à la fin de i5g3.

462 Les nobles Triolets.

Bu monde que j'ay veu partout ,

Ma foy, je ne sçay plus que dire ; Parlons-en pourtant jusqu’au bout Bu monde que j’ay veu partout.

L’un est . , l’autre me . ;

L un me fait pleurer, l’autre rire.

Bu monde que j’ay veu partout,

Ma foy, je ne sçay plus que dire.

SONNET

A Monsieur V abbé de Ville loin.

are et fameux abbé, qui sur tout l’univers Avec un soin moral exerces ton estude,

Et dont l’ame héroïque et lafranche habitude Reparent les deffauts de ce régné pervers,

Verrons-nous ycy-bas cent changemens divers ,

Soit au particulier, soit dans la multitude,

Sans qu’il arrive enfin quelque vicissitude Favorable aux besoins des grands forgeurs de vers ?

L’or et les diamans brillent dans leurs ouvrages ;

Ils morguent, en discours, les indignes outrages Du temps , de la fortune et de l’adversité ;

Cependant, en effet, ces messieurs les sublimes, Parmy leurs vains trésors sechent de pauvreté,

Et les plus gras d’entr’eux ne sont riches qu'en rimes.

SONNET

A Monsieur de Bruslon-Deage akt.

ui diantre auroit pensé que la guerre en ce lieu Eust allumé sa torche aux glaces de la bise? A Paris un blocus? ô l’estrange surprise ! J’ensuis aussy penaut qu’un coche sansessieu.

Encor, si j’estois sain, je prendrois quelque espieu ;

464 Le vol nocturne.

Mais je languis d un mal qui l’os me cautérisé ,

Et pourrais triompher aux portes d’une eglise, Montrant en pauvre diable une jambe de Dieu.

Illustre et cherBruslon, cœur que ma peine touche, Je ne puis plus pourtant faire la femme en couche Dans le jeusne forcé dont j’ay suby les lois;

Et malgré les douleurs que jesouffre en ce membre , La faim, qui, comme on dit, chasse le loup du bois , Obligera le mien à sortir de ma chambre.

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