‹ Œuvres completesChapitre 51 sur 141 · ZOO · texte numérisé non relu

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melon.

De qui la vigilence aux festins est utile

r;;r^rrd,™n dont a ne ™»ne

L V q 11 & est0lt char&e de donner ordre à tout Or, pour venir au poinct que je vous veux déduire 1

fer c°;S Die“ q“ ‘iS “e conduire ,

ous sçaurez , compagnons , que parmy tant de mets

Qu, furent les meilleurs qu’on mangera [amais ’

paimy tant de fruicts, dont en cette assemblée

grand plaisir des sens la table fut comblée ’

Il ne se trouva rien àl’egal d’un melon

Lue I halie apporta pour son maistre Apollon.

Que ne fut-il point dit en célébrant sa gloire ! *

T rp ' core à sa mémoire ?

e emps , qui frippe tout , ce gourmand immortel

Jure n avoir rien veu ny rien mangé de tel I ’

Et ce grand repreneur, qui d’une aigre censure

Vouloit que par un trou l’on nous vist la fressure

Mome le mesdisant, fut contraint d’avouer

Que sans nulle hyperbole on le pouvoit louer.

es qu il fut sur la nape , un aigu cry de ioye

Donna son corps de vent aux oreilles en proie

Le cœur en tressaillit , et les plus friands nez ’

D une si douce odeur furent tous estonnez ;

Mais quand ce vint au goust, ce fut bien autre chose •

Aussi d en discourir la muse mesme n’ose;

Ti p* 1 seu ement qu’en ce divin banquet Il ^ cesser pour l’heure aux femmes le caquet.

rhœbus, qui le tenoit, sentant sa fantaisie D un désir curieux en cet instant saisie , n coupe la moitié , la creuse proprement ;

Dont’rr fm!ï 16 C°nte ’ e" fait un inst™“ent Dont la forme destruit et renverse la fable

e ce qu on a chanté , que jadis sur le sable

Mercure, trouvant mort un certain limaçon,

Qui vit par fois en beste et par fois en poisson ,

Le Melon.

Soudain en ramassa la cocque harmonieuse,

Avec quoy, d’une main aux arts ingénieuse Aussi bien qu’aux larcins, tout à l’heure qu’il l’eut.

Au bord d’une riviere il fit le premier lut.

Ainsi , de cette escorce en beauté sans pareille Fut fabriqué là-haut ce charmeur de l’oreille,

D’où sortit lors un son , par accens mesuré ,

Plus doux que le manger qu’on en avoit tiré.

Là maintes cordes d’arc , en grosseur différantes ,

Sous les doits d’Apollon chantèrent des courantes ;

Là mille traits hardis , entremeslez d’esclats ,

Firent caprioller les pintes et les plats ;

Le plus grave des Dieux en dansa de la teste ,

Et le plus beau de tous , pour accomplir la feste , Joignant à ses accords son admirable vois,

Desconfit les Titans une seconde fois.

Voilà, chers auditeurs, l’effet de ma promesse;

Voilà ce qu’au jardin arrousé du Permesse,

Terpsicore au bon bec, pour qui j’ay de l’amour,

En voyant des melons me prosna l’autre jour.

J’ay treuvé qu’à propos je pouvois vous l’apprendre , Pour descharger ma ratte et pour vous faire entendre Que je croy que ce fruit , qui possédé nos yeux , Provient de celuy-là que briffèrent les dieux :

Car leroy d’Helicon, le démon de ma veine,

Dans le coin d’un mouchoir en garda de la graine,

Afin que tous les ans il en pust replanter,

Et d’ un soin liberal nous en faire gouster.

0 manger précieux ! delices de la bouche !

0 doux reptile herbu , rampant sur une couche !

0! beaucoup mieux que l’or, chef-d’œuvre d’Apollon! 0 fleur de tous les fruits ! 0 ravissant melon !

Les hommes de la cour seront gens de parolle ,

Les bordels de Rouen seront francs de verolle ,

Sans vermine et sans galle on verra les pedents ,

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