‹ Œuvres completesChapitre 85 sur 141 · Hidalgue, cavalier. (S.-A · texte numérisé non relu

Hidalgue, cavalier. (S.-A

Le Passage

Ne sçauroit plus se retenir,

Et comme un bon gros Tiresie Je vay donner dans l’advenir.

Mais d’où diantre peut desriver Cette humeur chaude et profetique Qui dans mon timbre lunatique Vient tout à coup de s'eslever?

Je n’ay point de laurier1 en gueule:

Ma dent, en guise d’une meule,

Icy n’en a point ecaché 2.

Ha! c’est donc de la vertu seule Du fin tabac que j’ay masché.

Il me semble quej’entrevoy,

Dans la nuit des choses futures ,

Un fou tenter des avantures A se faire mocquer de soy.

L’Espagnol sur mainte rambade3 Nous voudra donner une aubade

A la barbe du beau Menton 4 ; Mais luy-mesme y fera gambade,

Rudement payé ton pour ton.

A peine , ô honte ! aura-t’il veu Le fer bruyant en forme ronde Faire des ricochets sur l’onde,

i. Le laurier étoit consacré à Apollon , et par conséquent aux poètes et aux devins. — Les poètes ont été souvent appelés mâche— laurier.

a. Broyer, écraser.

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