‹ Œuvres completesChapitre 95 sur 141 · Caen · texte numérisé non relu

Caen

L’Ayant- Satire.

Ces petits messieurs- là ne grimpent point icy,

Ils ne sont point piquez d’un si noble soucy,

Et quand ils le voudraient, en leur folie extresme, Plustost ce double mont, s’arrachant de soy-mesme, Trebucheroit sur eux, et, tombé plat et net,

Feroità leur caboche un horrible bonnet.

D’où luy peut donc venir cet estrange caprice ? lia ! je le reconnoy, c’est manque d’exercice :

Il ne fend plus de l’air le vague précieux ,

Et le trop de séjour l’a rendu vicieux ;

Ou bien, fasché devoir que ma verve sacrée Ne se sert plus de luy quand elle se recrée ,

Que je quitte Helicon pour Horeb et Sina,

Où la loy formidable aux Hebreux se donna ;

Que pour la vérité je laisse le mensonge,

Il me veut tesmoigner le despit qui le ronge,

Et me faire connestre en son frémissement Les bizarres transports d’un vif ressentiment.

Tout beau, Genet1, tout beau, r’enguaine ta furie; Si je t’ay négligé, si delà raillerie J’ay depuis quelque temps mis en oubly les jeux, Pour me sentir le chef pesant, froid et neigeux,

Je t’en requiers pardon, et la marote en teste Je veux, comme l’on dit, remonter sur ma besie, Dulotizer2 en diable, et d’un ton libre et gav,

Tout cygne que je suis, faire le papegay 3.

Or sus donc, à cheval ! j’entens le bruit d'un verre Qui, heurtant contre un pot, me ranime à la guerre, Non de la martiale, où le sang est versé ,

Où pour l’amour d’autruy, de mille coups percé,

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