‹ Œuvres complètesChapitre 18 sur 33 · IMPRESSIONS DE VOYAGE A CARVIN · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS DE VOYAGE A CARVIN

lill'liLSSIONS DE VOYAGE A CARVIN

AVERTISSEMKNT

A vingl-cin(| ans, vins l'c^poqiie de ses débuts au barreau d'Arras, Maximilieii Robespierre fit un voyage de plusieurs jours à Carvin. Dans une Ictlre que nous publions plus loin, et dont l'original appartient à M. iVoël Cbaravay, il fait, en un slylc badin, la relation de cette excursion.

M. Aulard, qui ne fut pas le premier à publier ces impressions de voyage (1), les fait suivre du commentaire que voici : « lucidité ou non, cette lettre est une preuve de plus de la gaîf<^, des Français les plus sérieux à la veille de la Révolution. On aimait à rire en 1783, comme si on avait eu confiance dans le triomphe prochain de la raison. Môme celui qui devait ôtre le plus grave des Révolutionnaires, ce Robespierre, en qui on devait voir, en l'an II, comme un proscripleur du rire, avait subi jadis celle contagion de la gaîté et donné (un peu laborieusement) dans celle mode de plaisanterie en forme de mystification, où excellaient alors tant d'autres jeunes gens instruits, comme cet Hérault de Séchelles, que Robespierre lui-môme devait faire guillotiner.

« Je ne dis pas que le badinage de Robespierre soit excellent on soi. Ce qui est intéressant, c'est le fait que le futur « terroriste » ail écrit un badinage. N'y faut-il pas voir un trait du caractère, non d'un homme, mais d'une société? »

Maximiiien Robespierre, dont la famille était originaire de Carvin, y retrouvait de nombreux parents de son père.

(1, La Hévolution Fraiifaise, revue d'Histoire moderne et contemporaine, t. Xh, p. 359 et siiiv. M. fi. II. Lewcs les avait publiées auparavant dans The t.ife of Marimilien Hohespien-e, with extracts from his unpiiblished corrospondaure. Philadelphia, Carrey and Hart, 1849, in-18.

Les archives de Harnes et d'IIénin-Liétard, de Bdthune, de Lens, de Carvin, d'Arras et do Camphin-en-Carembaut, le dépôt de la Flandre orienlale, à Gand, permettent d'établir, d'une façon très claire, ses origines.

Sans remonter à Bauduin de Ronvespierres, chanoine de l'église de Cambrai, écolàtre de Saint-Martin d'HesIin, à qui le pape Eugène IV conféra certains bénéfices, par bulles en date de l'année 1431, première de son pontificat, nous trouvons, au début du xvi"^ siècle, plusieurs de Robespierre établis en Artois, à Lens, à Ruitz, à Bélhune cl à Darnes.

Robert de Robespierre, après avoir vendu quelques terres pour se procurer les ressources nécessaires, songea, au mois do novembre 1615, à acquérir le greffe d'Harnes.

Ce fut Alexandre Potlior qui l'obtint, après le décès de Michel Lenlailleur, d'oij une rancune persistante entre les doux compétiteurs.

Peu après, celui-ci ayant été nommé procureur pour office, Robert de Robespierre devint greffier.

Ses premiers actes, en celte qualité, remontent à l'année 1622, mais ses débuts, il faut le reconnaître, furent rendus difficiles par suite de l'animosité de son adversaire sur la personne duquel, ainsi que le prouve une attestation des sergents et officiers de la terre et seigneurie d'Harnes, du mois d'août 1623, il ne craignit pas de se livrer à des voies de fait.

Robert de Robespierre occupait, à Harnes, une maison située sur le « covenant », ou place marchande, et ayant une issue sur le cimetière, par laquelle on pénétrait dans l'église; en 1629, il est nommé procureur pour office à Hénin-Liélard; en cette qualité, il prend la parole, ainsi qu'un avocat, devant les juridictions inférieures; de 1630 à 1648, il intervient dans la plupart des affaires intéressant Harnes ou Hénin, soit comme greffier, soif comme agent d'affaires ou procureur (1).

(1) A. de Marquette, Histoire générale du comté de Harnes en Artois, tome III, p. .374; Lille, imprimerie Lefebvre-Ducrocq, 1867.

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