‹ Œuvres complètesChapitre 24 sur 33 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

Crois-moi, jeune et belle Ophélie, Quoi qu'en dise le monde el malgré Ion miroir, Conlenle d'élre belle et de n'en rien savoir,

Garde toujours la modestie. (2)

Sur le pouvoir de tes appas

Demeure toujours alarmée. (3)

Tu n'en seras que mieux aimée,

Si tu crains de ne l'être pas.

(1) Cette pièce, dédii^e à miss Orptelia Mondlcii, que Robespierre aurait rencontrée à Paris, est la seule qui ait été publiée do son vivant, encore le fut-elle à son insu; elle parut d'abord, sans signature, dans deux recueils de poésies : le Chansonnier des i/i-àces et Quelques vers (Paris, Royer, 1787) ; trois ans plus tard, Suleau, rédacteur de la feuille royaliste. Les Actes des Apôtres, la publia de nouveau; elle portait cette fois, le nom de Robespierre (1790, ch. V, p. 531).

Ces vers sont encore cités par .Montlosier, au tome II de ses Mémoires ; par A. Vcrmorel, Œuvres de Robespierre, p. 4 et 5; par J.-A. Paris, dans la y^Knesse de Robespierre, p. 73 ; par E. Lecesne, dans Arras sous la Révolution, t. I, p. t6, en note; par Jean Bernard, dans quelques Poésies de Robespierre, p. 20; par E. Ilamel, Histoire de Robespierre, t. I, p. 35; par le D' Karl Brunnemann, dans Maximilien Robespierre, t. I, p. 40; l'autographe de cette poésie fut acheté 500 francs par un amateur (Bulletin du bibliophile belge, 1856, p. 225.)

(2) Éd. de J.-A. Paris, point et virgule.

(3) Éd. de J.-A. Paris, point et virgule. — Éd. de Lecesne et de E. Hamel, deux points.

224 ŒLVHES COMPLÈTES DE MAXIMILIEN KOBESPIEKKE

CHANSON ADRESSÉK A M"' HENRIETTE (1)

Veux-lu sçavoir, û charmante Henrielle, Pourquoi l'amour est le plus grand des dieux, Par quel prodige il étend sa conquête Sur les enfers et la terre et les cieux?

Ne pense pas qu'il doive sa victoire

Aux traits perçans, que tu vois dans nies mains,

Que sur son arc, il ait fondé sa gloire

El tout l'espoir de tes brillans destins.

11 te forma, tu lui donnas l'empire.

Depuis ce jour l'amour victorieux Donna des loix à tout ce qui respire Et triompha des mortels et des dieux.

De tous ses dons déploianl la richesse De mille attraits il orna ton minois.

Dans tes beaux yeux il peignit la tendresse Et le forma la plus louchante voix.

11 te donna le sourire des grâces.

Dans tous tes traits, il marqua la bonté. Apprit aux ris à voler sur les traces Et sur tes pas il fixa la gailé.

Il arrangea ta noire chevelure Pour relever la blancheur de Ion leint, A Vénus même enlevant sa ceinture Il l'en para de sa divine main.

(1) Cette poésie fait partie d'un manuscrit comprenant quelques pièces de vers et un discours, remis par Cliarlottc Uobespierrc à Agricol Moureau et publié par M. Lucien Peise sous le titre Quelques vei-s de Maximilien Robespierre, Paris, Gougy, 1909, Cette pièce est, d'après cet auteur qui détient les originaux, écrite sur papier bleuté, au filigrane : un m& Levaycr; une tache d'encre recouvre le nom de famille d'Henriette et le rend illisible.

Nous publions ce morceau avec son orthographe et sa ponctuation primitives.

POÉSIES AMOUKECSES 223

D'un dernier trail couronnant son ouvrage Il sçut encor embellir tant d'attraits, Des deux côtés de ton charmant visage Un joli... (1) fut placé tout exprès.

Alors certain d'un triomphe facile Brisons ces traits, éteignons ce flambeau, Dit-il, jettons ce carquois inutile Je puis compter sur cet appui nouveau,

A l'Univers, je montrerai tes charmes Chère Henriette, il subira ma loi.

On te verra, ce seront là mes armes El t'adorer sera tout mon emploi.

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