C.p sage effrontt
Cynique \nn\{-,
POÉSIES ItOSATlQJJES 237
Dans tous les temps ne fut qu'un sot,
J'en atteste l'histoire,
Ce sage effronté,
Cynique vanté, Me parait bien stupide.
0 (1) le beau plaisir
D'aller se tapir Au fond d'un tonneau vuide.
Encore (2) s'il eût été plein.
Quel sort digne d'envie (3), Alors dans quel plaisir divin
Aurait coulé sa vie !
Il aurait eu droit
De braver d'un roi
Tout le faste inutile (4),
Au plus beau palais
Je préférerais
Un si charmant azile.
Quand (3) l'escadron audacieux
Et me fàcltc et mV-toiiiic.
Oli ! le beau |>Iaisir D'aller se tapir Dans le fond d'une tonne :
Ed. Jean-Bernard, point d'exclamation.
(1) Ed. Paris et Barbier oh!
(2) Ed. Paris et Barbier, variante que voici :
Oui, ce philosopho inhumain,
Dans sa coupable audace,
De plus de cent flacons de vin
Osait tenir la place.
0 Dieu des caveaux,
Des sacr<?s tonneaux
On profane l'enoeinte ;
Viens, ton thjrse en main,
Chasser ce vilain
De ta demeure sainte.
Ed. Pans, virgule.
(3) Ed. Paris, point d'cxclauiation.
(4) Point.
(5) Ed. Paris et Barbier, variante des deux vers suivants :
IJuand des Titans ambitieux L'escadron t^mi^raire etc....
Des enfans de la lerre Jusques dans le séjour des dieux (1) Osa perler la guerre (2).
Bacchus, rassurant Jupiter tremblant, Décida la victoire (3) ; Tous les dieux à jeun Tremblaient en commun, Lui seul avait su boire.
Il fallait voir (4) dans ce grand jour (5)
Le puissant dieu des treilles (6),
Tranquille, vidant tour à tour
Et lançant des bouteilles (7) ; A coups de flaccons (8) Renversant les monts Sur les fils de la terre (9) :
Ces traits, dans la main Du buveur divin, Remplaçaient le tonnerre.
Vous dont il reçut le serment (10) Pour de si justes causes.
C'est à son pouvoir bienfaisant Que vous devez vos roses (H);
(1) Ed. Jean-Bernard, des deux.
(2) Ed. Paris et Barbier, virgule.
(3) Ed. Paris et Barbier, point.
(4) Virgule.
(5) Virgule.
(6) Pas de virgule.
(7) Virgule.
(8) Flacons.
(9) Point et virgule.
(10) Ed. Jean Bernard, virgule.
(11) Ed. Paris et Barbier, variante :
c'est à son pouvoir bieafais.aDt
Que vous devez vos roses,
Et leur doux éclat,
Leur tendre incarnat ; Oui, vous pouvez m'en croire, etc. ..
POÉSIES ROSATIQCES ' - 239
C'esllui qui forma Leur tendre incarnat (1).
L'aventure est notoire (2) J'entendis Momus Un jour à Vénus Rappeler cette histoire.
La rose était pâle jadis,
Et moins chère à Zéphire,
A la vive blancheur des lys (3)
Elle cédait l'empire.
Mais, un jour, Racchus
Au sein de Vénus,
Prend la fille de Flore (4),
La plongeant soudain
Dans des flots de vin,
De pourpre il la colore.
On prétend qu'au sein de Cypris(5), Deux, trois gouttes coulèrent (6) Et que dès lors, parmi les lis, Deux roses se formèrent, Grâce à ses couleurs, La rose des fleurs Désormais fut la reine; Cypris, dans les cieux,
(1) Ed. Paris et Barbier, point et virgule.
(2) Ed. Jean-Bernard, point et virgule.
-: (.3) Ed. Paris et Barbier, variante :
■ ' ' Alors des parterres fleuris
N'oblenail point l'empire.
MM. Moreau et Jean-Bernard écrivent: lis, M. Peise lys, selon le manuscrit original.
(4) Ed. Paris et Barbier, point et virgule. (5; Variante.
Sur le visage de Cypris
Ouclques gouttes coulèrent,
Et lors parmi les tcndies lys
Deux roses se placôront ;
etc....
(6) Ed. Jean-Bernard, virgule.
240 ŒUVHES COMPLÈTES DE MAXIMILIEN KOBESPIEKRE
Du plus froid des dieux (1) Devint la souveraine (2).
Amis, de ce discours usé (3) Concluons qu'il faut boire. Avec le bon ami Ruzé Qui n'aimerait à boire?
A l'ami Carnot A l'aimable Col (4), A l'instant, je veux boire; A vous, cher Fosseux, Au grouppe (3) joyeux Je veux encor reboire (0).
Si jamais j'oubliais Morcant,
Que ma langue séchée A mon gosier rude et brillant
Soit toujours attachée.
Pour fuir ce malheur.
Trois fois de grand cauir Je veux vider mon verre.
Pour l'avènement
D'un frère charmant, On ne saurait mieux faire.
(1) Ed. Paris et Barbier, variante :
Cypris, dans les cieiix AuRsitùl des dieux Ocviiil la souveraine.
(2) A la scène VU de leur coiiK'die liistoriquc Roses rouf/es, jouée à Paris, sur la scène de l'Opèra-Coniiquc, le 9 décembre 190i, MM. Emile Blémont et Jules TrufEer font chanter à Robespierre (M. Leitner, de la Comédie Française) ces deux couplets, dans leur texte original, tel que nous le reproduisons.
(3) Vers cités par M. Gaston Lavallcy, dans Le grand Carnol chansonnier, p. 18, Paris, A. Picard et fils éditeurs.
(4) Ed. Paris, pas de virgule.
(5) Ed. Paris, Barbier et Moreau, groupe; M. Peisc, suivant le manuscrit original, écrit: grouppe.
(6) Ed. Jean-Bernard, variante des trois derniers vers :
A vous, cher Fosseux, De ce vin mousseux Je veux encore boire.
m POÉSIES DIVERSES