‹ Œuvres complètesChapitre 31 sur 106 · UNE DAME A S. GELAIS · texte numérisé non relu

UNE DAME A S. GELAIS

UË gaignez-vous de pourchasser la mort, Que dictes tant recevoir par vos yeux ?

68 Œ'JVRES roÉTIOUES

C'est faict, à moy et à vous^ mcsme tort

De nie chercher pour me veoir en tous lieux,

Vostrc regard ne me faict pis ne mieulx,

Si non d'autant que je scrois marrie

Que par mov nul ne vous tcist fascherie \

Or vivez donq en vostre liberté.

Sans plus me veoir; car moy (sans moquerie),

En desprisant d'amour la seigneurie,

Toujours scray telle que j'ai esté.

I. Cette phrase embarrassée veut dire : Vous m'êtes indifférent; néanmoins je serais fâché qu'un rival vous chagrinât à mon sujet. e. p.-b.

ONCQUEs bon cœur ne se peut si tost rendre, Sans coup frapper, crier ou se défendre, Comme en si peu de temps le vostre a faict. Qui Tassailloit ou qui le vouloit prendre? Nul, fors qu'un œil bien délicat et tendre, Oui, sans penser en mal, a trop meffaict. Mais vous serez, par luy, tant satisfaict ' Que devant vous toujours sera couvert, Afin que clos rhabille le forfaict ' Qu'il a commis pour estre trop ouvert '.

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