Sequeure. secoure
2. Poésies de François I" publie'es par Champol- Hon-Figeac (Paris, Imprimerie royale, 1847, in-4), page 94.
Dictes sans peur Vouy ou le nenny; Car nul des deux ne m'est que profitable. Si c'est nenny y je rendray honorable Ma fermeté, aymant de vous banny ; Si c'est ouy^ c'est le fruit de l'attente Plus digne assez que labeur de service. Choisissez donc ce qui vous est propice, Car l'un m'honore et l'autre me contente '.
I. Poésies de François le', page 95, et aussi dans VHécatomphile, de vulgaire italien tourné en langaige françois, les Fleurs de poésie française (Paris, Gallict du Pré, i534, pet. in-8), page 87, avec cette réponse d'une dame :
Pour vous donner perfaict contentement Ma volunté vouldroit ouy choisir ; Mais estimant honneur sur tout plaisir, Nenny diray, plus que jamais aymant.
Gloire en aurez d'aymer si fermement, Sans espérer loyer, temps, ne loysir, Et moy aussi de vaincre mon désir, Pour lionnorcr Amour narfaictcmcnt.
A Menelas et Paris je pardonne,
L\m de sa femme importun demandeur.
L'autre d'amye obstiné défendeur;
Mais du malheur des Troyens je m'estonnc.
Car s'il falloit que pour belle personne
Leur ville fut quelquefois démolie,
Périr pour vous (ma Dame belle et bonne)
Leur eust esté plus gloire que folit '.
I . Les Poésies de François !•', page 96, et VHécatomphilCy page 82, donnent ces vers, où le nom de Ménélas est écrit Ménélée.
D'en aymer trois ce m'est force et contrainte ; L'une est à moy trop pour ne Taymer point ; Et l'autre m'a donné si vive atteinte Que plus la fuy plus sa grâce me poingt. La tierce tient son cœur uny et joinct. Voire attaché de si trez-près au mien, Que je ne puis ni veux n'estre point sien. Ainsy Amour m'a mis en ses destroicts Et me soubmet à toutes vouloir bien, Mais je scay bien à qui le plus des trois '.
I. Poésies de François ler, page 97; Hécaiomphile, page 90. J'ai vu quelque part ce dizain donné à Jacques Gohorry. Il n'est pas sans ressemblance avec un autre de Sainct-Gelays (tome II, page 5j) :
J'en ayme deux d'amour bien diôérente, etc.
J'ay le désir content et l'effect résolu ; J'ay le scavoir certain ; car Amour l'a voulu.
Parquoy je tiens mon bien de l'heureuse pensée En très bien la gardant qu'elP ne soit ofFensée ; Dont par ma liberté à aultruy m'abandonne, Qui le moins de son plus trop mieux que moy me dor
Las ! quand je pense à l'heur de l'efFect du désir, Je cognois le celer augmenter le plaisir. Heureuse affection, de nous tant estimée, Du cerviteur servie et de l'amye aymée ! Qu'en vivant sans tel bien auroit un tel pouvoir Trouver mort en la vie et regarder sans veoir.
Je vous supply. Fortune et variable Temps, Arrestez vos efFects ; car ce que je prétends N'est subject, par oubly, par longueur, ny absence, Obéir au travail de vostre grand'puissance. Puisque content vouloir fait vivre l'esperit, Contentez-vous du corps si par vous il périt '.
I. Cette espèce d'amphigouri a pour titre, à la page 98 des Poésies de François I"- : Chanson en vers alexandrins. DznsleMs. y cUe forme trois sixains distincts.
D'un amy fainct [a) je ne me puis deffaire Sans ma parole et honneur desmentir.
Las! maintenant je commence à sentir L'cnnuy que c'est complaire à son contraire. Celer le dois, mais je ne m'en puis taire, Car ma douleur ne le veult consentir.
Ha ! que bien peu sert un bon repentir Quand on ne peult au surplus satisfaire \
a. Var. du Ms. :
D'un amy fin . . .