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EXERCICE DE LA CHAMBRIÈRE

Les animaux, en général, ont été soumis, dès la création, d'une manière si évidente à la domination de rhomme, que ce roi du monde se sert à son avantage de leurs diverses qualités et en dispose en souverain maître. Mais, retirons-nous des animaux et particulièrement du cheval, qui nous occupe ici exclusivement, tous les services que nous serions à même de nous procurer? Non. L'homme, non-seulement use. mais il abuse. Fier de sa toute-puissance, il oublie que le créateur lui a donné, pour assurer sa domination terrestre, une stature haute et imposante, une voix aux intonations flexibles, amicales ou impératives , un œil qui caresse ou foudroie, un geste qui rassure ou efiPraie. Mais ce que Fhomme oublie surtout, c'est qu'il a reçu, pour réglementer toutes ces puissances d'action, une raison analytique et observatrice. L'homme superficiel cherche la fin et néglige les moyens ; mais Tobservateur, en

procédaDides plus petites choses, remonte souvent jusqu'aux sources de la vérité, et tire, d'une cause futile eË apparence, de merveilleux effets.

Par exemple, aux yeux d*un cavalier inepte, le cheval n'est qu'une masse qui doit être aveuglément passive et dépourvue de toute espèce d'intelligence. Mais, alors, d'où viennent donc la sympathie ou l'antipathie qui existent eatre le cheval et son cavalier? Sans entrer dans des raisonnements abstraits, je vais consigner ici les idées que l'observation m'a inspirées.

Les bons rapports de l'écuyer et de sa monture proviennent de la bonne éducation du cheval.

L'éducation consiste à cultiver les bonnes qualités et à réprimer les mauvaises tendances de l'élève.

De là, encouragement ou châtiment, c'est-à-dire un double écaeil pour tout autre que le véritable éeuyer.

Je vais aborder le châtiment et l'usage d'un de ces moyens, la chambrière. Je pose d'abord en fait que tout instrument de torture est instinctivement répulsif à tout être organisé, et que le tact seul de celui qui l'emploie peut le faire accepter au sujet exercé.

Mon expérience, aidée d'une minutieuse observation, m'a fait obtenir un résultat inspéré; par les moyens que je vais indiquer, la chambrière, sagement employée, devient, pour le cheval, qu'elle irritait d'abord au point de l'affoler, un calmant et un guide.

Je passe aux moyens pratiques.

Placez-vous du côté montoir, à la tête du cheval;

tenez les rênes de la bride à deux pouces des branches, le corps droit, le visage calme et l'œil bienveillant. La chambrière, tenue dans la main droite, s'élèvera lentement ; la lanière sera placée doucement sur le dos de ranimai. Si, lors du contact, le cheval cherche à s'y soustraire par un acte quelconque, la main de la bride, par un mouvement assez vif de gauche à droite et de droite à gauche, arrêtera bientôt ce mouvement. Le cheval, devenu calme et immobile, supportera le contact de la lanière flottant sur son dos, et qu'un mouvement gradué aura amenée jusque sur la queue.

On continuera cet exercice jusqu'à ce que le cheval ne manifeste plus aucune crainte et reste entièrement soumis.

Ce que c'est que les procédés intelligents ! Le cheval les comprend, les classe dans son intelligence, et il s'y soumet aussitôt. Aussi, Tefifet de la chambrière, de correctif qu'il était, deviendra le modérateur le plus ef&cace. C'çst alors que sera venu le moment d'obtenir de légers effets de rassembler. On y i>ar viendra au moyen de quelques appels, de langue et d'un mouvement de la chambrière agitée à côté de la croupe du cheval. On se contentera d'une légère mobilité, puis on arrêtera le cheval par l'exclamation modérée de holàl et en lui glissant la chambrière sur le dos ; de manière que ce dernier moyen soit plus tard le seul employé et qu'enfin le contact de la chambrière suffise à immobiliser l'ammal.

On alternera ces premiers essais de rassembler avec les flexions directes de mâchoire, de manière à obtenir la légèreté en même temps qu'ils se produiront. On continuera cette leçon avec des repos fréquents, surtout les premiers jours.

Le rassembler, devenant plus facile, amènera tout naturellement des apparences de piaffer dont le cavalier devra se contenter. Si, ce qui doit être notre but constant, la légèreté s'obtient en même temps, nous aui ons pour conséquence l'équilibre des forces et du poids. Us auront également progressé et tout sera pour le mieux, puisqu'on peu de temps l'éducation du cheval aura fait un notable progrès.

Quoique l'exposé de ce mK>yen soit simple et trèseourt» le travail à l'aide de la chambrière agit on ne peut plus efiScacement sur le physique et le moral des chevaux. Quelques-uns qui ne pouvaient se soumettre et ruaient, même attelés, ont été amenés par ce nouveau procédé à parfoite soumission. Mais le cavalier ne doit pas se laisser intimider par les défenses qu'opposera naturellement le cheval quand, pour les premières fois, la lanière du fouet, appliquée sur son dqs, lui frappera nK)mentaném6nt le ventre de son extrémité inférieure. Ce contact circulaire de la chambrière produit sur le dieval un effet difficile à décrire, mais très-satisfaiaant quant aux résultats.

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