‹ Œuvres complètes ... Méthode d'équitationChapitre 196 sur 209 · CÔTÉ · texte numérisé non relu

CÔTÉ

L'expression de fermer, comme synonyme de faire fuir les hanches, ou de pas de côté, ou de marcher de deux pistes, est un non-sens. On ouvre et on ferme un

changement de main ; ainsi Ton dit: Il a bien fermé son changement de main^ ou : Il est arrivé bien droit d*épau«

les et de hanches sur la piste.

Encore une citation curieuse :

« Ce sera au cavalier à balancer Faction de ses aides; « si le cheval pousse trop précipitamment ses hanches « à droite, on atténuera ce mouvement par l'action de « la jambe droite, en diminuant celle de la gauche ; si (c l'épaule ne se porte pas assez à droite, ou Ton écartera « la rêne droite, ou Ton portera la main gauche dans « cette direction. »

Décidément M. d'Aure a fait un traité bien amusant.

« Il est bon, pour apprendre à un cheval à marcher c< ainsi, de le mettre vis-à-vis d'un mur ; la tète étant « maintenue, la main n'aura pas besoin d*une action tf aussi grande (M. d'Aure pourvoit à tout), et il recevra € plus froidement cette leçon ; on peut même commen- « cer ce travail sans monter le cheval, etc. »

Est-ce pour qu'il apprenne à bien croiser les jambes ou à connaître rimpuissance, la faiblesse du cavalier?

Les pas de côté ne doivent se commencer qu'après avoir fixé le cheval dans la main, position indispensable pour lui rendre sensibles tous les effets de force du cavalier. Je ne suis pas d'avis, comme l'indique l'auteur, de commencer ce travail par la tête au mur : j'en ai ex-

pfiqtlé les raisons dans mes écrits:. Je m'oppose surtout à ce que le cavalier donne ces premières leçons à pied avec l'aide d une gaule , car, en admettant que le moyen de l'auteur fût plus compréhensible pour le cheval, ce que je conteste, il faudrait encore le rejeter, puisqu'il priverait le cavalier de faire usage de l'ensemble de ses mouvements, ensemble auquel on ne saurait jamais assez avoir recours. En second lieu, les positions du cheval ne sont pas du tout les mêmes, lorsqu'il est tenu par la main, à pied, que lorsqu'il est monté. En suivant les doctrines de M. d'Aure, on ne saurait donc obtenir qu'un travail embrouillé pour le cheval et anti-équestre pour le cavalier.

Je dirai, cependant, qu'avant toute espèce de travail. il faut que le cavalier s'attache à obtenir des translations de poids par les forces instinctives. Pour cela, il faut évidemment que le cavalier reste à pied et que ses mains déterminent les diverses positions du cheval par l'action de la bride et de la cravache.

PAGE 108. — CHANGEMENT DE PIED EN l'aIR.

Passons aux moyens :

« Le cheval étant à droite, je veux passer à gauche ; « j'use du moyen indiqué; seulement je fais agir simul- (( tanément mes mains et mes jambes. Ainsi galopant à « droite au moment où je veux passer à gauche, je < marque un arrêt de la bride assez fort pour arrêter <i le développement de l'épaule droite, qui marche la

a première ; et en môme temps je fois &gir mes jambes « avec plus d'action, en exigeant plus de la droite que tf de la gauche, afin de pousser la hanche gauche à gauc< che. »

L*autetir se représente, à ce qu'il parait, le cheval comme une pâte molle, qui, dès les premiers mouvements, ne présentera aucune résistance, aucune opposition, pour se soustraire à Tobéissance et neutraliser Faction du cavalier.

Est-ce, par hasard, au moyen des principes indiqués précédemment par Tauteur, que ce même cavalier serait parvenu à faire acquérir au cheval le degré d'assouplissement nécessaire ? Je ne le pense pas ; alors, que deviendront les mouvements de main et de jambes si naïvement indiqués par l'auteur î II faudrait écrire un ouvrage en quatre volumes pour donner quelque apparence d'utilité au Traité d'âquitation de M. d'Aure, et j'avoue que je ne me sens pas ce courage ; les conseUs de Fauteur seraient sans fruit s'ils étaient donnés orale* ment, et à plus forte raison doivent-ils être incompréhensibles et stériles sur le papier.

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