EFFETS DE JAMBES
L'exposé du nouveau {mncipe qui suit va certainement m'attirer des détracteurs. Bien plus, il étonnera eeox qui reconnaîtront sjbl justesse, car il est en contradiotion flagrante ayee ce que j'ai moi--même exécuté, dœiontréy écrit*
Estrce à dire cependant que, reconnaissant de mon foit la cofifiécration et la propagation d'une erreur, je doive sacrifier à un condamnable amour-propre le devoir moral de réparer cette faute ?
Non, sans doute.
Je veux uniquement le progrès de Féquitation, et le moyen d'arriver à mon but est de saper jusque dans leurs derniers ft»idements les faux principes équestres, quelle que soit leur origine.
Si je demandais au premier cavalier venu les moyens de changer de direction, il me répondrait assurément :
ce Si vous voulez tourner à droite , portez la main à droite et faites sentir la jambe du 'même côté. »
C'est, en effet, le principe que tous les traités d'éqoitation; jusqu'au mien, ont donné comme le seul efficace pour ce mouvement. Mais tant d'erreurs se sont érigées en principes, que j'ai voulu m'assurer de l'exactitude de ce dernier.
J'ai donc, pour tourner à droite, par exemple, porté la main à droite et fait sentir la jambe du même coté.
Quelque légèreté qu'eût mon cheval sur la ligne droite et bien que j'eusse fait sentir la jambe prescrite, j'éprouvais souvent une résistance dont^ loDgtomps, j'ai cherché la cause et les moyens de répression.
L'expérieBce m'a démontré que souvent, par suite de l'action de la jambe droite, la croupe se portant À gauche, empêche, par sa mobilité, la conoentratîon du poids sur le point d'appui nécessaire au pivot de conversion et jette ainsi de l'irrégularité et de l'iiKeertitude dans le mouvement.
La répression de cette résistance exige naturelle* ment, me suis-je dit, l'emploi de la jambe gauche. J'adoptai donc ce moyen comme oorrectif • Il me donna d'abord des résultats surpre&ants, mais la persistance de son emploi devint la source d'une autre résistance.
La croupe, portée trop à droite par la pression de la jandïe gauche, s'arc-boutait , pour ainsi dire, contre répaule droite, et paralysait ses mouvements.
Après de asiiratieuses observations, je condus doDc que reno^loi exchisif de Tune ou Tautre jambe ne peut ^ présent conmie principe efficace dans les changeméats de^direetioD, puisque, diestiné à réprimer» il pro- Toque, au contraire, des résistances.
Si mes devanciers et moi-môme eussions d'abord ezaminé la question conmie je l'ai fait depuis, le mou* vement qui nous oooope aurait depuis longtemps atteint à sa perfeetian.
Raisonnons donc.
Quand je veux placer le cheval pour le changement de direction, j'ignore de quel côté viendra la résistance, puisque la croupe peut se dérober à droite ou à gauche; j'ignore même s'il y aura résistance. Il n'est donc pas rationnel de déterminer, au jiréalable, l'emploi exclusif de Fone on de l'autre jambe, et le principe, reconnu fam, doit être abandonné.
Revenons donc aux vrais principes de Téquitation :
La main seule donne la position, les jambes donnent l'impulsion.
Si, d'après les presmptions formelles de tna méthode, ^Qs aves dirigé l'éducation de votre cheval de manière à lai donner un assouplissement parfait et par suite rétpiilibve de toutes ses patties, le changement de direc* tien lui deviendra aussi facile que la marche sur la ligne droite. Le cheval étant bien placé obéira à la première invitation de la main. Ta tête et l'encolure prendront la position propre au mouvement, et le liant parfait de tout
Forganisme amènera les épaules et la croupe à prendre sans résistance la part qui leur convient pour la régularité et la facilité du changement de direction. D'où je conclus que Faide de Tune ou de l'autre jambe prescrit comme principe est un non-sens, pour ce mouvemrat, puisque sa régularité et sa facilité ne dépendent que de l'harmonie apportée dans l'organisme de l'animal.
Je dis plus. L'aide des deux jambes deviendra tout à fait inutile, quand le cheval sera arrivé au point d'éducation parfaite où doit le conduire inévitablement ma méthode.
Point important. Dès que le cheval conmiencera à prendre la position indiquée par la main, celle-ci devra cesser son action et laisser ù l'animal sa liberté de mouvement, en ayant soin toutefois de le suivre dans son déplacement. Si, au contraire, après un commenoaoftent d'exécution, la main persistait dans son action, la position de l'encolure deviendrait forcée et amènerait uo dérangement de croupe, d'où naîtrait une résistance qu'on ne pourrait vaincre qu'à l'aide des jambes. Cette infraction à mon principe ne devrait être imputée qu'au cavalier, puisque son manque de tact (1) aurait seul provoqué la résistance, et que, comme je l'ai dit ailleurs, la jambe n'aurait fait que corriger la foute de la main.
(1) Voir le mot tact dans le Dictionnaire raisonné.