RÉTRIBUTION DU TRAVAIL
Pour donner au détenu le goût du travail et l'encourager en lui montrant le moyen de se créer des ressources pour le jour de sa libération, nous proposons la progression suivante dans le taux du salaire journalier : troisième classe, 30 cent.; deuxième classe, 40 cent., première classe, SO cent.
Nous laissoDS aax hommes compétents le soin de régler les autres détails, tels que discipline, hôpitaux, infirmerie, surveillance, etc., etc. Nous recommandons néanmoins de donner à tous les détenus Tinstruction primaire, convenable à Touvrier, et de ne rien négliger pour réducation morale. *
PASSAGE d'une CLASSE A L'AUTRE.
Les détenus devront subir le premier tiers de leur peine daus la troisième classe, et ne passeront à la deuxième qu'à des conditions déterminées et qu'on leur fera connaître. Les détenus de la deuxième classe ne passeront à la première que lorsqu'ils auront subi les deux tiers de leur peine et rempli les conditions voulues*
Les détenus de la première classe ne pourront être libérés que lorsqu'ils auront subi, sans reproche, l'épreuve de la sortie hebdomadaire.
La rétrogradation d'une classe à l'autre aura lieu dans le cas où le détenu encourrait une des punitions graves prévues par des règlements intérieurs.
Les règlements de toutes sortes, regardant les trois classes, seront affichés dans les chambres de lairoisième classe.
Les règlements de la première classe seront ajffichés dans les chambres de la deuxième classe, concurremment avec ceux qui lui sont propres.
Dans les chambres de la première classe seront affi-
ehéé les règlements qui lui sont propres et le tableau des détenus proposés pour grâce,
STSTÈHE PÀRTICXIIUER A LA. FBEMIÈBE CLASSE.
Cette classe devant préparer le détenu à rentrer dans la vie libre, nous pensons' que les détenus qbi en font partie doivent avoir un règlement exceptionnel, indépendamment du régime alimentaire et de Thabillement. La discipline devra s^adoudr, et le détenu devra être ramené à la vie de l'ouvrier.
La discipline intérieure des ateliers devra se rapprodier de celle des ateliers publics. Afin d'éviter la brusque transition de la prison a la liberté, transition dont nous avons signalé les dangers, nous croyons qu'il serait bon de soumettre le détenu de la première classe à répreuve d'une sortie hebdomadaire.
SORTIE BEBPOKADAIBI.
Tous les six mois seraient recommandés à la clémence impériale les détends qui le mériteraient Aussi'* tôt après l'approbation de ces états de proposition, les détenus désignés commenceraient Vépreuve de la sortie hebdomadaire. Ceux compris sur les états du t5 février seraient libérés définitivement le 15 août, et ceux compris sur les états du 1 8 août seraient libérés le 1 S février suivant.
Pour les sorties, les détenus seraient vêtus comme des ouvriers.
Les sorties auraient lieu entre les detix repas.
Une somme d'argent serait mise à la disposition complète du sortant.
' Des règlements spéciaux, seraient, à cet égard, communiqués aux détenus.
Tout détenu manquant à une des conditions réglementaires de la sortie serait rayé du tableau de grâce, iBt» suivant la gravité de la faute, pourrait être rétrogradé dans la deuxième classe.
Nul détenu ne pourrait être libéré s'il n'avait subi, sans reproche, l'épreuve de la sortie hebdomadaire.
Tout détenu sortant serait, bien entendu, porteur d'une permission régulière délivrée par les autorités compétentes. i
JIIHÉRÀTIOK DÉFINITIVE.
Les IS février et 15 août seraient fêtés solennellement dans la première classe.
Les autorités supérieures de la localité présideraient à la mise eh liberté du détenu régénéré, qui se trouverait encouragé à persévérer dans le bien, *par la pré-
•■'■•■•.< sence des magistrats représentant la société, et qui, en
son nom, viendraient le relever de sa chute et prononcer sa réhabilitation.
PIÈCES DE UBÉBÀTION.
Passeport délivré pour la destination choisie par le libéré;
Livret d'ouvrier ;
Certificat de bonne conduite délivré par le directeur de la prison et approuvé par le préfet ;
Reconunandations spéciales au maire de la commune où se retirera le libéré.
PROBtUT W TEAVAIL»
Puisque nous avons pour but de créer au détenu des ressources pour le jour de libération, il n'est pas hors de propos de calculer celles qu'il pourra se procurer par son travail, pendant sa détention, et[d*après les chiffres qui nous ont paru convenables.
En divisant par tiers la durée de l'incarcération et en donnant au détenu le salaire affecté aux trois classes, nous obtenons les chiffres suivants :