‹ Œuvres complètes ... Méthode d'équitationChapitre 24 sur 209 · FLEXIONS ET MOBILISATIONS DE U CROUPE · texte numérisé non relu

FLEXIONS ET MOBILISATIONS DE U CROUPE

Le cavalier, pour diriger le cheval, agit directement sur deux de ses parties : Tavant-main et l'arrière-main. U emploie à cet effet deux moteurs : les jambes, qui donnent l'impulsion par la croupe, les mains, qui dirigent et modifient cette impulsion par la tête et Tenco- 'lure. Un parfait rapport de forces doit donc exister toujours entre ces deux puissances motrices, mais la même harmonie n'est pas moins nécessaire entre les parties de

(1) Dlkabilai éoajrei*, non itflim habilM «nMMaiflM, ont prétendu que cette p»litîon eet forcée. Ce sont là de ces assertions qui se réfutent non par le raisonnement mais par un simple appel à févidence.

ranimai ({u'elles sontpailicuUèreinent destmées à impressionna. En vain se sera-t-on efforcé de rendre la tête et Fencolure flexibles» légères, obéissantes au contact du mors, les résultats seront incomplets, l'ensemble et Téquilibre imparfaits* tant que la croupe restera lourde, contractée, rebelle à l'agent direct qui doit la gouverner.

Je viens d'expliquer par quelle sorte de procédés sim* pies et faciles on donnera à l'avant-main les qualités in« dispensables pour obtenir une bomie position ; il me reste à dire comment on façonnera de même Farrièremain pour compléter Tûssouplissement du cheval» et ramener Tensemble et l'harmonie dans le développement de tous ses ressorts. Les résistances de l'encolure et celles de la croupe se soutenant mutuellement, notre travail deviendra plus facile» puisque nous avons déjjà annulé les premières.

1"" Le cavalier tiendra les rênes de la bride dans la main gauche, et celles du bridon croisées l'une sur l'autre dans la main droite, les ongles en dessous ; il ramènera d'abord la tête du cheval dans sa position verticale par un léger appui du mors; puis, s'il veut exécuter le mouvement à droite, il portera la jambe gauche en arrière des sangles et la fixera près du flanc de l'animal jusqu'à ce que la croupe cède à sa pression. Le cavalier fera sentir en môme temps la rêne du bridon du môme côté que la jambe, en proportionnant son effet à la résistance qui lui sera opposée. De ces deux forces impri-

mées ainsi par la rêne gauche et la jambe du même o6té> la première est destinée à combattre les résistances, et la seconde à déterminer le mouvement. On se contentera dans le principe de faire exécuter à la croupe un ou deux pas de côté seulement. {PUmdie 14.)

8^ La croupe ayant acquis plus de facilité de mobili* sation, on pourra continuer le mouyement de manière à coij|ipléter à droite et à gauche des pirouettes renversées. Aussitôt que les hanches céderont à la pression de la jambe, le cavalier, pour arriver à l'équilibre parfait da cheval, fera sentir immédiatement la rêne opposée à cette jambe. Son effet, léger d'abord, sera augmenté progressivement jusqu^à ce que la tête soit inclinée du côté vers lequel marche la croupe, et comme pour la voir venir. {Planche IB.)

Pour faire bien comprendre ce mouvement, j'ajouterai quelques explications d'autant plus importantes qu'elles sont applicables à tous les exercices de Féquita-

tiOB.

Le cheval, dans tous ses mouvements, ne peut conserver on parfait et constant équilibre sans une combinaison des forces opposées, habilement ménagée par le cavalier. Dans la pirouette renversée, par exemple» si, lorsque le cheval a cédé à la pression de la jambe, on continue à opposer la rêne du même côté que cette jambe, il est évident qu'on dépassera le but, puisqu'on fera usage d'une force devenue inutile. Il faut donc établir deux moteurs dont Feffet se balance sans se con-

trarier ; c'est ce que produira dans ia pirouette la ten* sion de la rêtie opposée à la jambe. Ainsi on débutera par la rêne et la jambe du même côté» jusqu'à oe que le eheval réponde à la seule pression de la jambe, pais avec la bride tenue danç la main gaïK^e ; enfin, avec h rêne du bridon ou de la bride opposée à la jambe. Les forces se trouveront alors maintenues dana une position diagonale» et, par suite, Téquilibre sera naturel, et ^i&técution du mouvement facile. La tête du cheval, inclinée vers le côté où. se dirige la croupe, ajoute beaucoup aa gracieux du travail, et donne au cavalier plus de ^dlité pour régler l'activité des hanches et maiûtenir les épaules en place. L'exp^ence seule poutTd, du reste, fan indiquer Fusage qu'il doit fiiire de la jambe et de ia rêne, de manière à ce que leurs éfiReAs aë soutiennent mutuellement sans jamais se contrarier.

Je n'ai pas besoin de rappeler que pendant toute la durée de ce travail, comme toujours, du reste i rFencdlufe doit demeurer souple et légère, la tête ramenée et la mâchoire mobile. Tandis que la main de la bride les maintient dans cette bonne position, la main droite, à l'aide du bridon, combat les résistances latérales et dé*termine les inclinaisons diverses, jusqu'à fee que le cheval soit assez bien placé pour obéir à une simple pression du mors. Si, en combattant la contraction de la croupe, nous permettions au cheval d'en rejeter la roideur sur Tavant-main, nos efforts seraient vains et le fruit de nos premiers travaux perdu. Nous feciliterons,

au contraire, rasscmpUseement de rarrière-main eu conservant leB avantages qoe nous avons dé(|à acquis sur f ayant-main, et en forçant à rester isolées les contractions que nous arrons encore à coinbattre .

La jambe du cavalier opposée à celle qui détermine Ift rotation de la croupe ne doit pas demeurer éloignée dorant le mouvement, mais rester près du cheval et le oontenir en place, en donnant d'arrière m avant une impulsion, que l'autre jambe communique de droite 4 gauche ou de gauche k droite. Il y aura ainsi une force qui maintiendra le cheval en position, et tme autre qui déterminera la rotation. Pour que les deui jambes ne contrarient pas rédprocpiement les effets de leur près* filon simultanée, et pour arriver dé suite à s'en servir avec ensemble, on placera la jambe chargée de déplacer la croupe plus en arrière des sangles qtte l'autre , qui restera soutenue avec une force égale à celle de la jambe déterminante. Alors Faction des jambes sera distincte ; Time portera de droite à gauche el Fautre d'arrière en avant C'est à l'aide de cette dernière que la main place et fixe les Jambes de devant.

Afin d'accélérer les résultats, on pourra, dans le commencement, s'adjoindre un secMid cavalier qui se pla* owa à la hauteur de la télé du clieval, Want lés rênes de la bride dans la main droite et du c6té opposé à celui où se portera la croupe. Celcd-ci saisira les rênes à seize centimètres des branches du mors , ain d'être à même de combattre les résistances instinctives de l'a-

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nimal. Le oavalier qui est en seUe se contentera alors de soutenir légèrement les rênes du brîdon, en agissant avec les jambes comme je viens de l'indiquer. Le second cavalier n'est utile que lorsqu'on a affaire à un dieval d'un naturel irritable, ou pour seconder rinexpérience du cavalier ; mais il faut autant que pos* sible se passer d*aide » afin que le praticien juge par lui-même des progrès de son cheval, tout en cherchait les mojem de régulariser ses effets de force.

Bien que ce travail soit élémentaire, il conduira néanmoins le cheval à exécuter promptement au pas tous les airs de manège de. deux pistes. Après huit jours d'un^xercice modéré^ on accomplira ainsi, sans efforts^ im travail que ranciënne école n'osait essayer qu'après plus d'une année d'étude et de tâtonnements.

Lorsque le cavalier aum habitué la croupe du dieval à céder promptement à la pression des jambes , il sera maStre de la mobiliser ou de l'immobiliser à volonté, et pourra, par conséquenti exécuter les pirouettes ordi* naires. Il prendra à cet effet une rêne du bridon dans chaque main ; Tune servira à déterminer l'encolure et les épaules du c6té où l'on voudra opérer la conversion, l'autre à seconder la jambe oppcMsée» si elle étajl insuffisante pour contenir la croupe en place. Dans le pria* cipe» cette jambe devra être placée le plus en (urrière possible» et n'exercer son contact qu'autant que les hanches se porteraient sur elle. Une. progression bien mé^ nagée amènera de prompts résultats ; on se contentera

donCy en débutant, de quelques pas bien exécutés pour Farrêter par un effet d'ensemble, puis rendre immédiatement au cbeval sa liberté d'action, ce qui suppose cinq ou six temps d'arrêt durant la rotation complète des épaules autour de la croupe. Si ce travail est exécuté ayec lenteur et ménagements, si la légèreté accompagne tous les mouvements, je garantis des résultats surprenants. Tous mes élèves livrés à eux-mêmes, ou les personnes qui pratiquent à Taide du livre seulement, éprouvent souvent des échecs ou des retards dans Té* dacation de leurs chevaux : cela provient de ce que Ton passe souvent trop vite d'un exercice à qû autre. Aller lentement pour arriver vite, voilà le grand précepte, et» s'il est mis en pratique avec intell^enoe, il donnera des résultats infaillibles.

Je vais expliquer comment on établira le parfieût accord du mécanisme au moyen des effets d'ensemble.

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