Oeuvres complètes
Courte est la vie; innombrables sont les douleurs que nous supportons tous sous le faix de cette laborieuse existence! Consumons donc ce peu d'années, dociles aux désirs qui nous emportent. Apparemment il ne connaît pas les déceptions du monde, il ne sait pas sous quels malheurs, sous quelles élranges fatalités sont opprimés presque tous les mortels , celui qui se sèvre lui-même du plaisir pour vivre dans les chagrins et les angoisses.
C'est pour échapper à ces eimuisque, nymphes joyeuses
' Ce cbant et les quatre autres placés dans les entr'actcs ne furent pas composés à la même époque que la comédie ; ils lui sont de beaucoup postérieurs. MacchiavcUi, qui les envoie à Guicciardini 'avec une lettre datée du 5 janvier'1525 (c'est-àdire 1526, car alors l'année commençait en niars\ lui annonce qu'il venait de les compo-^er pour l'ornement de la représentation que Guicciardini préparait alors à .Modène, et dont ilesl fait mention dans la correspondance entre celui-ci et l'auteur de la Mandragore.
Les canzoni n'ont paru dans aucune des édifions de la Mandragore publiées avant celles de 1782. Deux de ces canzoni se retrouvent dans la Clizia.
et jeunes gens que nous sommes , nous avons choisi une douce solilude toujours embellie d'allégresse et de fêtes. Nous venons ici aujourd'hui pour réjouir de nos harmonieuses chansons cette fête riante et cette douce compagnie.
Ce qui nous attire aussi dans ces lieux , c'est le nom de celui qui y gouverne ' : en lui resplendi.s.sent tous les biens qu'on voit réunis sur le front de rFternel. Comblé.s de cette faveur suprême, parmi tant de félicités, joui.ssez. soyez contens , et remerciez qui vous a fait ce bonheur.
' Quel est donc cet tiomme dont Macchiavelli fait presqtit une divinité? C'est sans doute Clément VII, au nom duquel Guicciardini gouvernait Modène. L'emphase des vers italiens :
In eut :
olti in la sem
veggon tutti ianza eterna,
désigne assez bien le pipe. Macchiavelli n'a pas songé sans doute ù les appliquer à Guicciardini , même par reconnais- .sancede la galanterie qu'il lui faisait d"ane représentation de la Mandragore. M. Artaud se trompe lorsqu'il conjectiue que c'est ici une allusion à Laurent II : ce n'était pas à Florence qu'il élan question cette fois déjouer la Mandrago'e; et d'ailleurs Laurent II était m-orî er i.î'S. Cest donc sans convenance comme sans fidélité que iCS iraoBCiears ont rendu les mots sembianza eterna par le visage ou le front des dieux.