‹ Œuvres complètesChapitre 174 sur 323 · CHANT DES VENDEURS DE POMMES DE PIN · texte numérisé non relu

CHANT DES VENDEURS DE POMMES DE PIN

Oui veut des pommes de pin pleines de beaux pignons qui se détaclient sans peine aussitôt que la main les touche ?

La pomme de pin, mesdames, est le seul de tous les fruits qui ne redoute ni la pluie ni la grêle. Et que direz-vous s'il découle du pin une liqueur qui en pénètre toutes les noix ?

Nous montons sur les pins qui en produisent, et les dames sont au-dessous pour les recevoir Quelquefois il en tombe quatre, et même jusqu'à six. Vous voyez donc qu'il faut avoir sans cesse les yeux sur le pin.

L'une dit : « Je veux celles-ci, mon petit mari ; »* l'autre : «Je veux celles-là, et puis cette autre.» Et si on leur répond : « Monte sur le pin comme moi, «elles tournent le dos et font la moue.

Elles disent que les pommes de pin ne sont pas grenues. Pourvousenassurer, lorsque vou.* en achèterez, maniez-les un peu avec la main, afin que quelque fripon ne vous trompe.

Celles-ci sont solides, grosses et parfaitement belles: j'en ferai cadeau à celles qui n'ont pas d'argent; si elles vous plaisent, venez les chercher. Ce n'est point une affaire que la bagatelle de deux baïoques.

C'est à vous à les bien tenir, parce que le pignon voudrait .s'échapper: il faut le tenir étroitement serré, puis le frapper; et ne craigne/ pas qu'il reste longtemps dans la coque.

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