SCÈNE IL CLEANDRO, seul
Ah! quelle misère d'être amoureux! Dans quels tourments je consume ma vie ! Je sais bien que quand on aime une personne aussi belle que Clizia on a nécessairement jijrand nombre de rivaux, et avec eux niille douleurs; mais je n'ai jamais ouï dire qu'il fût arrivé à personne d'avoir son père pour rival ; et tandis qu'une foule de jeunes ,<',ens trouvent des consolations près de leur père, moi je ne trouve auprès du mien qne la cause et la source de mon malheur! Si ma mère me favorise, elle ne le fait p;!S pour favoriser son fils, mais pour contrecarrer le projet de son mari; je ne puis même dans celle circonstance lui découvrir franchement mes seniimcnls, car elle s'imaj'jinerail tout aussitôt que j'ai fait avec Eustachio le même marché que mon père avec Pirro; et si elle se raeiiait une fois cela dans la tête, ce serait pour elle vm cas de conscience de laisser loutaller à la dérive, tl elle ne s'en inquiéterait plus : alors je serais perdu tout à fait, et mon déses[)oir serait si fjrand que je crois que j'en mourrais. Voici ma mère qui sort de l'éj^lise : je vais l'aboi drr pour savoir ce qu'elle a imajjiné, et appreiîdre quels obstacles elle dispose contre les desseins du viens.
RAMATIQUES.