ACTE IV, SCÈNE III. 1C
ALCESTE
Madame, c'est à vous qu'apparlient cet ouvrage ;
C'est à vous que mon coeur a recours aujourd'hui,
Pour pouvoir s'aflVanchir de son cuisant ennui. Lerc^e^A--^
Vengez-moi d'unelngrate et perfide parente ^
Qui trahit lâchement une ardeur si constante ; , i/ ^ j ,
Vengez-moi de ce trait qui doit vous faire horreur. ^VV ^^^ (h""^^^
" ÉLIANTE
Moi, vous venger! comment?
ALCESTE
En recevant mon cœur.
Acceptez-le, madame, au lieu de rinlidéle ; - C'est par là que je puis prendre vengeance d'elle; Et je la veux punir par les sincères vœux, Par le profond amour, les soins respectueux, - ^rw, lUv-iwvLes devoirs empressés et l^ssidu service, "^ .^'•^T^ Dont ce cœur" va vous faire un ardent sacrifice.
ÉLIANTE
tê*-*^ Je compatis, sans doute, à ce que vous souffrez,
Et ne méprise point le cœur que vous m'ofirez ;
Mais peut-être le mal n'est pas si grand qu'on pense.
Et vous pourrez quitter ce désir de vengeance. / Lorsque l'injure part d'un objet plein d'appas, >-\ '^ On fait iQrce desseins qu'on n'exécute pas :
On a beau voir, pour rompre, une raison puissante,
Une coupable aimée est bientôt innocente;
Tout le mal qu'on lui veut se dissipe aisément.
Et Ton sait ce que c'est qu'un courroux d'un amant.
ALCESTE
Non, non, madame, non. L'offense est trop mortelle; --'
Il n'est point de retour, et je romps avec elle ; yj^^^**^^^*^
Rien ne sauroit changer le dessem que j'en lais,
Et je me punirois de l'estimer jamais.
La voici. Mon courroux redouble à cette approche. « i -
Je vais de sa noirceur lui faire un vif reproche, oJAû*^-'^^
Pleinement la confondre, et vous porter après ' ^. -— * .
Un cœur tout dégagé de ses trompeurs attraits. 0U>O\>w*>*'-*"'**^^''^