‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 160 sur 489 · ACTE IV, SCÈNE III. 1C · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. 1C

ALCESTE

Madame, c'est à vous qu'apparlient cet ouvrage ;

C'est à vous que mon coeur a recours aujourd'hui,

Pour pouvoir s'aflVanchir de son cuisant ennui. Lerc^e^A--^

Vengez-moi d'unelngrate et perfide parente ^

Qui trahit lâchement une ardeur si constante ; , i/ ^ j ,

Vengez-moi de ce trait qui doit vous faire horreur. ^VV ^^^ (h""^^^

" ÉLIANTE

Moi, vous venger! comment?

ALCESTE

En recevant mon cœur.

Acceptez-le, madame, au lieu de rinlidéle ; - C'est par là que je puis prendre vengeance d'elle; Et je la veux punir par les sincères vœux, Par le profond amour, les soins respectueux, - ^rw, lUv-iwvLes devoirs empressés et l^ssidu service, "^ .^'•^T^ Dont ce cœur" va vous faire un ardent sacrifice.

ÉLIANTE

tê*-*^ Je compatis, sans doute, à ce que vous souffrez,

Et ne méprise point le cœur que vous m'ofirez ;

Mais peut-être le mal n'est pas si grand qu'on pense.

Et vous pourrez quitter ce désir de vengeance. / Lorsque l'injure part d'un objet plein d'appas, >-\ '^ On fait iQrce desseins qu'on n'exécute pas :

On a beau voir, pour rompre, une raison puissante,

Une coupable aimée est bientôt innocente;

Tout le mal qu'on lui veut se dissipe aisément.

Et Ton sait ce que c'est qu'un courroux d'un amant.

ALCESTE

Non, non, madame, non. L'offense est trop mortelle; --'

Il n'est point de retour, et je romps avec elle ; yj^^^**^^^*^

Rien ne sauroit changer le dessem que j'en lais,

Et je me punirois de l'estimer jamais.

La voici. Mon courroux redouble à cette approche. « i -

Je vais de sa noirceur lui faire un vif reproche, oJAû*^-'^^

Pleinement la confondre, et vous porter après ' ^. -— * .

Un cœur tout dégagé de ses trompeurs attraits. 0U>O\>w*>*'-*"'**^^''^

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