‹ Œuvres complètes. Nouv. éd., accompagnée de notes tirées de tous les commentateurs, avec des remarques nouvelles par Félix Lemaistre précédés de la vie de Molière par VoltaireChapitre 170 sur 489 · ACTE Y, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE III

ORONTE

Non, non, un franc aveu n'a rien que j'appréhende; J'y consens pour ma part.

Et moi, je le demande; ' ' * • C'est son ^cl^t surtout qu'ici j'ose exiger, L^/Ji/^t^-^^^^H. Et je ne prétends point vous voir rien ménager. ^^A^J\/sj^ 1 Conserver tout ie monde est votre grande étude ; Mais plus d'amusement et plus d'incertitude : Il faut vous ex'pliquer nettement là-dessus, ' à —

Ou bien pour un arrêt je prends votre refus ;LM./s^dA-''4''^ Je saurai, de ma part, expliquer ce silence. Et me tiendrai pour dit tout le mal que j'en pense.

ORONTE

Je vous sais fort hpn gré, monsieur, de ce courroux (Jtm-<* T*"'^'^-*^ Et je luFâis ici môme chose que vous. jOLoJ^^^I^^

CÉLlMÈiNE.

Que vous me fatiguez avec un tel caprice! Ce que vous demandez a-t-il de la justice? Et ne vous dis-je pas quel motif me retient? J'en vais prendre pour juge Éliante,-qui vient.

SCÊiNE m. — ÉLIANTE, PIIILINTE, CÉLIMÈNE, ORONTE, ÂLCESTS.

CÉLIMÈNE

Je me vois, ma cousine, ici persécutée

Par des gens dont l'humeur y poroît concertée.

Ils veulent l'un et l'autre, avec même chaleur.

Que je prononce entre eux le choix que fait mon cœur,

Et que, par un arrêt qu'en face il me faut rendre.

Je défende à l'un d'eux tous les soins qu'il peut prendre.

Dites-moi si jamais cela se lait ainsi.

ÉLIANTE

. N'allez point là-dessus me consulter ici; Peut-être y pourriez- vous être mal adressée, Et je suis pour les gens qui disent leur peiisée.

OilONTE.

Madame, c'est en vain que vous vous défendez.

ALCESTE

Tous vos détours ici sercr.t mal

ORO^'TE^

Il faut, il faut parler, et làcner la balance.

ALCESTE

Il ne faut que poursuivre à garder le silence

secondés. ùj^jsJhJjr-^'^'^''^''''^

ORONTE. <)tAO^a^^^Mrr^

Je ne veux qu'un seul mot pour finir nos débats.

ALCESTE

Et moi, je vous entends, si vous ne parlez pas.

SCÈNE IV. — ARSINOÉ, CÉLIMÈNE, ÉLIÂNTE, ALCESTE, PHILINTE, AGASTE, CLITANDRE, ORONTE.

ACASTE, à Célimène.

Madame, nous venons tous deux, sans vous déplaire, Éclaircir avec vous une petite affaire.

CLITANDRE, à Oronie et è Alcesle.

Fort à propos, messieurs, vous vous trouvez ici, Et vous êtes mêlés dans cette affaire aussi.

ARSINOÉ, à Célimène.

Madame, vous serez surprise de ma vue ; Mais ce sont ces messieurs qui causent ma venue : Tous deux ils m'ont trouvée, et se sont plaints à moi KkCUAAArAx D'un trait à qui mon cœur ne sauroit prêter foi. ^ J'ai diTîond de votre âme une trop haute estime Pour vous croire jamais capable d'un tel crime ;. Mes yeux ont démenti leurs témoins les plus forts, Et, l'amitié passant sur de petits discords. J'ai bien voulu chez vous leur faire compagnie, Pour vous voir vous laver de cette calomnie. '

ACASTE

Oui, madame, voyons, d'un esprit adouci, Comment vous vous prendrez à soutenir ceci. Cette lettre, par vous, est écrite à Clitandre.^

CLITANDRE

Vous avez pour Acaste écrit ce billet tendre. ACASTE, à Oronté et à Alcesle.

^ Messieurs, ces tfmts pour vous n'ont point d'obscurité, *" Et je ne doute pas que sa civilité

A connoître sa main n'ait trop su vous instruire. Mais ceci vaut assez la peine de le lire.

« Vous êtes un étrange liomme de condamner mon enjouement, et di me reprocher que je n'ai jamais tant de joie que lorsque je ne suis pa^ avec vous. Il n'y a rien de plus injuste; el, si vous ne venez bien vite me demander pardon de celle oliense, je ne vous la pardonnerai de ma vie. Notre grand llandrin de vicomte... »

n devroit être ici. \ 1 1 ,

a ÎHotre grarid flandrin de vicotnte, par qui vous commencez vos plamtes, est un homme q«i ne sauroit me revenii'; et, depuis que je l'ai vu, trois

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