ACTE I, SCÈNE
SGANAUELLE.
On en déménage plus aisément.
MARTIJŒ.
Et qui, du matixi jusqu'au soir, ne fait que joura* et que boire !
SGANARELLE
C'est pour ne me point ennuyer.
MAJElTIKi:.
Et que veux-tu, pendant ce temps, que je fasse avec ma familleî
SGANARELLE
Tout ce qu'il te plaira.
MARTIJN'E.
J'ai quatre pauvres petits enfants sur les bras...
SGANA.BELLE.
Mets-les à terre.
ilARTlNE.
Qui me demandent à toute heure du pain.
SGANARELLE
Donne-leur le fouet : quand j'ai bien bu et bien mangé, je veux que tout le monde soit soûl dans ma maison.
MARTINE
Et tu prétends, ivrogne, que les choses aillent toujours de même?
SGi^ARELLE.
Ma fenmie, allons tout doucement, s'il vous plait.
MARTINE
Que j'endure éternellement tes insolences et tes débauches?
Ne nous emportons point, ma lemme.
MARTINE
Et que je ne sache pas trouver le moyen de te ranger à ton devoir ?
SGANARELLE
Ma femme, vous savez que je n'ai pas Tâme endurante, et que j'ai le bras assez bon.
"HARTIKE.
Je me moque de tes menaces !
SGATÎARELLE.
Ma petite femme, ma mie, votre peau vous démange, à votre Drdiiiaii'e.
MARTINE
Je te montrerai bien que je ne le crains nullement.
SGANARELLE -
Ma chère moitié, vous avez envie de me dérober quelque chose *.
* Dicton populaire qui se trouve dans la Comédie des Proverbes, d'Adrien de Montluc : « Si tu m'importunes davantage, tu me déroberas un soulflet. * (Auger.)
MAUTINE.
Crois-tu que je m'épouvante de tes paroles?
SGANAUELLE.
Doux objet de mes vœux, je vous frotterai les oreilles.
Ivrogne que tu es!
Je vous battrai.
Sac à vin!
Je vous rosserai.
Infâme!
Je vous étrillerai.
SGANARELLE